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Sujet: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mar 27 Sep - 18:50
« Az, tu devrais te calmer un peu sur la boisson… »
Le troisième verre de whisky pur feu qu’Azrael venait de descendre d’une traite frappa le bar de la Tête du Sanglier dans un bruit sourd. Hagard, le jeune homme adressa un signe de tête dédaigneux au barman accompagné d’un regard noir comme s’il ne comprenait pas pourquoi il n’était pas servi plus promptement que ne l’étaient les rares autres clients de l’enseigne. Enfin, le quatrième verre arriva et subit alors le même sort que le précédent et que tous ceux qui s’étaient succédé ces dernières minutes. Azrael sentait les regards se braquer sur lui, au fur et à mesure de ses exploits mais peu lui importait. Ici, comme partout ailleurs, il était au-dessus de tous et bien mal avisé – ou renseigné – était le sorcier qui tenterait de porter le moindre jugement sur son attitude. Dans cette optique, le verre suivant ne semblait pas être un problème. Chaque fois, le liquide brûlant lui arrachait les poumons et la vague – de plus en plus vague, d’ailleurs – douleur que cela suscitait dans sa trachée chaque fois lui donnait la douce et enivrante impression de reprendre le dessus sur cette autre douleur, plus profonde, secrète.
« Az… » « Tais-toi ! » beugla soudainement le jeune homme. « Qui es-tu pour me donner des ordres ?! Je n’ai besoin de toi ! Tu n’es rien ! Tu n’es rien, t’entends ?! Il n’y a que moi qui compte ! MOI ! »
A ces mots, Azrael empoigna son jeune frère par le col de sa chemise. Sa fureur était telle qu’il aurait pu lui fracasser le crâne sans le moindre scrupule. Cela n’était pas seulement le fait de l’alcool. Az était réputé impulsif, parfois même violent et Nolhan était toujours le premier à en subir les conséquences. Chez les Potter, les liens du sang n’existaient que pour justifier la pureté et le rang de la famille. En dehors de cela, il n’y avait point de respect, point d’amis et encore moins d’amour. La vie les avait fait frère ; cela s’arrêtait là. Azrael aurait très bien pu se contenter d’ignorer son cadet, me direz-vous. Sans doute l’aurait-il fait s’il n’avait pas commis la pire des trahisons à son égard, s’attirer l’affection démesurée du seul être pour qui Az semblait éprouver – bien qu’il s’en cachât – ce qui ressemblait le plus à de l’affection. Bien sûr, le genre d’amour que Gillian vouait à Nolhan n’était pas celui qu’Azrael souhaitait pour lui. Mais la souffrance mêlée aux effluves de l’alcool rendait tout cela encore plus confus que cela ne l’était déjà. Inspirant profondément pour contenir sa rage, Az repoussa violemment son frère en direction de la porte du bar.
« Dégage ! »
Nolhan ne se fit pas prier. D’ordinaire plutôt forte tête, toujours prêt à se mesurer à son aîné, dans une rivalité constante avec celui-ci pour s’attirer les faveurs du Père, il savait cela dit que lorsqu’Azrael était dans cet état comateux, sa force était lui plus souvent décuplée. Ces quelques années d’avance lui assurant déjà d’ordinaire l’avantage, mieux valait ne pas insister. Satisfait, Az replongea dans la contemplation du fond de son verre. Cette semaine avait été éprouvante et ce samedi soir à Pré-au-Lard n’en était que la consécration. Des heures entières à végéter dans une salle de cours à écouter d’une oreille des profs aussi joviaux qu’incompétents, l’esprit ailleurs. Une semaine à peine que les cours avaient repris et si d’ordinaire Azrael se faisait une joie de regagner Poudlard qui n’était rien d’autre qu’un grand terrain de jeu, une extension de son royaume qu’il n’avait pas à partager avec son père, le cœur n’y était pas. Une semaine à peine que les cours avaient repris mais déjà une semaine sans nouvelle de Gillian ce qui avait très largement franchi la limite du supportable. Dans le manoir familial, il y avait toujours les cris, la haine, les défis, l’insécurité et ce constant besoin de faire ses preuves. Mais il y avait aussi et surtout des moments privilégiés entre Nathan et Calypso, des moments que les deux jeunes gens ne partageaient que rarement au château. Là-bas, il la possédait, la dominait, l’épiait à longueur de journées. Ici, tout était différent.
Laissant échapper un profond soupir, Az jeta distraitement une bourse de gallions sur le comptoir, sans se soucier un instant de savoir si le compte y était ou s’il devait attendre du barman qu’il lui rende un peu de monnaie. Grandir dans un monde d’abondance avait ses avantages ; on avait les moyens de se détruire librement sans que personne ne s’en soucie le moins du monde. Azrael attrapa sa cape et quitta le bar en claquant la porte avant de remonter l’allée principale de Pré-au-Lard. On était en septembre. L’air était frais mais bon. Le jeune homme se mouvait d’un pas mal assuré, zigzaguant entre des obstacles imaginaires. Il finit néanmoins par atteindre les grilles de château et se laissa guider par les lumières des dortoirs qui brillaient au loin. Tout en longeant la lisière de la forêt interdite, il songea à la semaine qui s’annonçait et l’imagina identique à celle qui venait de s’écouler. De rage, il frappe plusieurs fois du poing dans l’écorce des pins jusqu’à sentir un léger filet de sang couler le long de ses doigts avant de reprendre sa marche, le souffle court.
Arrivé au lac noir, épuisé et peu enthousiaste à l’idée de retrouver l’effervescence de sa salle commune, il se laissa tomber au bord de l’eau et roula sur le dos pour fixer les étoiles à la lueur desquelles il pouvait deviner le sang s’écoulant le long de la manche de sa chemise. Il ne ressentait pas la douleur. Ou plutôt si. Elle atténuait la douleur morale. Il aimait se retrouver cet état comateux, cet état d’abandon, à des endroits où personne ne risquait de le surprendre en flagrant délit de ce que lui nommait faiblesse et de ce que la plupart des gens appelaient humanité. Personne ?
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Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mar 27 Sep - 20:11
Que la journée avait été longue pour Gillian. Elle n'en pouvait plus de tout ce bruit, de toute cette agitation. Toute la Tour Gryffondor résonnait d'animations et de l'excitation de ses occupants. Bon sang mais ils n'étaient donc pas fichu de rester calme après les cours ? Elle avait l'impression d'étouffer, d'être au bord de l'implosion. En même temps, cela aurait été un mensonge que de dire qu'elle était d'humeur joviale et charitable depuis qu'ils avaient à nouveau retrouvé les bancs de Poudlard mais c'était faux. Elle était d'une humeur absolument massacrante depuis le début et rien ni personne ne pouvait parvenir à la calmer. La tête posée contre la vitrine, elle n'y voyait rien à travers. Le soleil commençait à décliner de plus en plus il ne faisait pas vraiment une chaleur estivale. L'automne approchait à grand pas et avec lui ses grands sabots. La chaleur avait donc pris la poudre d'escampette. Mais elle s'en fichait, elle étouffait, elle avait besoin d'air. Sans un mot pour Louànn qui venait visiblement vers elle, elle s'esquiva et sortit de la salle commune. Peu importe qu'elle n'ait pas ce qu'il faut pour se tenir au chaud dehors, elle ferait avec. Elle dévala les marches à la hâte, sans prêter attention à ceux qu'elle croisait. Il fallait bien admettre qu'en cet instant, elle n'avait rien à foutre de rien ni de personne. Faux, elle se souciait de quelqu'un sinon elle ne serait pas d'une humeur aussi massacrante. Penelope n'y était pour rien. Ni même Nolhan. C'était juste cette tête de lard d'Azrael. Encore et toujours Azrael. Il était son bourreau à plus d'un sens et elle ne supportait de devoir supporter ses sautes d'humeur, quelqu'en soit la raison, surtout si c'était sa faute à elle.
Elle était dans le Hall quand elle tomba sur Nolhan. Elle lui aurait souri malgré sa mauvaise humeur si lui n'avait pas paru si contrarié. Calypso l'avait abordé pour savoir ce qui lui arrivait. Elle avait toujours eu beaucoup d'affection pour Nolhan depuis qu'il était enfant. Il était peut-être celui qu'elle considérait le plus comme un membre de sa famille. Elle ne pouvait s'empêcher de le materner, c'était plus fort qu'elle. Il était attaché à cette petite tête dure. Ce que lui répondit Nolhan ne l'était qu'à moitié mais ne fit qu'augmenter sa mauvaise humeur. Azrael bien sûr. Les relations entre les deux frères n'avaient jamais été au beau fixe et c'est peut-être ce qui avait poussé à prendre la défense de Nolhan plus que nécessaire. Le fait qu'Azrael s'en prenne à son frère la rendait folle de rage. Elle ne comprenait pas une telle absence d'amour et de soutien dans cette famille. Elle était tellement proche de sa soeur qu'une chose pareille la rendait malade. Si bien que, une fois le jeune Serpentard quitter, elle était prête à régler son compte à l'aîné des Potter. Il avait beau avoir tout droit sur elle elle n'avait aucunement l'intention de le ménager. Ce n'était qu'un idiot fini. Elle détestait sa mère de tout s'octroyer comme si c'était son bon droit de naissance. On a rien sans rien et oui, elle lui devait la vie mais ça ne lui donnait pas tous les droits possibles et imaginables sur elle. Et surtout pas celui de s'en prendre physiquement à son frère.
Elle sortit d'un pas rageur dans le parc. Elle savait où il devait se trouver dans près du lac vu l'état dans lequel il devait se trouver. Elle y aurait mis sa main à couper. Malgré toutes leurs disputes et leurs divergences d'opinion, elle ne pouvait pas nier le fait qu'elle le connaissait par coeur et que parfois, il lui manquait vraiment. Non pas son comportement hautain et insupportable mais la façon qu'il avait de lui sourire parfois, de la regarder profondément dans les yeux à tel point qu'elle avait l'impression que sa cage thoracique s'était enfoncée et que son coeur avait plongé vers des profondeurs inconnues. Il avait plus d'emprise sur elle qu'elle ne voulait l'admettre mais c'était un fait. Elle le trouva affaler dans l'herbe, la tête dans les étoiles, le corps étendu sur le soleil. Elle observa un moment sa silhouette en silence, de loin, sans oser bouger de peur de rompre quelque chose. Puis elle repéra le liquide poisseux qui coulait de sa manche. Elle gromella entre ses dents et couvrit la distance qui les séparait en silence. Elle s'arrêta au dessus de lui et planta ses yeux dans les siens, coupant court à sa contemplation du ciel. Elle était partagée entre l'envie de lui faire passer un sale quart d'heure et celle de prendre soin de cet idiot. Elle aussi elle était idiote. Elle se laissa finalement tomber à ses côtés sans lui adresser un mot, se contentant d'attraper son bras pour l'examiner. La blessure n'était que superficielle, elle n'aurait donc besoin que d'un sort mineur pour le soigner. Elle sortit la baguette d'un geste souple et lui lança sans le regarder.
« T'es pitoyable, mon pauvre. Et le fait d'être bourré n'est pas une excuse suffisante pour t'en prendre à ton frère. »
Et sur ces mots elle murmura un sort qui guérit quasi instantanément la blessure. Elle posa à nouveau son bras par terre et tourna enfin la tête vers lui. Il empestait le whisky pur feu, ce qu'elle ne supportait pas. Elle ne comprenait pas pourquoi il s'était mis dans un état pareil, il devait sans doute être d'une humeur massacrante et elle n'allait sans doute pas tarder à en avoir la preuve. Mais elle n'aimait pas ça. Elle détestait qu'il se mette dans cet état-là, et elle craignait fort qu'une nouvelle dispute n'éclate entre eux. Elle n'était pas vraiment d'humeur patiente et consiliante ce soir.
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Que ferais-tu si je mourrais aujourd'hui ? Je mourrais demain
Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mar 27 Sep - 20:40
Les yeux rivés sur les étoiles, ses quelques mèches rebelles – héritage paternel – se mêlant à l’herbe fraîche, Azrael se sentant définitivement vidé de toute énergie. Sa cage thoracique se soulevant et s’abaissant lentement au rythme de sa respiration le berçait tant et si bien qu’il se surprit à fermer les yeux et à se laisser aller à des songes beaucoup plus légers que ceux qu’il avait connu ces derniers jours. Une trêve qui ne dura qu’un court instant puisque, bientôt, un bruit sourd indiqua à Az qu’il n’était plus seule et que quelqu’un venait de s’affaler dans l’herbe à ses côtés. Usant du peu de réflexes que l’alcool lui avait concédé, le jeune homme plongea une main dans sa poche afin de saisir nerveusement sa baguette jusqu’à ce que les effluves d’un parfum familier et aimé arrivent à ses narines. Là où le stress aurait dû retomber, le phénomène inverse produisit. Azrael sentit son cœur cogner furieusement dans poitrine. Son éducation, son caractère, sa froideur naturelle l’avait rendu totalement insensible au danger et à l’ennemi potentiel tapi dans l’ombre – et Merlin savait combien il avait d’ennemis ! Seule la présence de Gillian faisait monter en lui se mélange d’appréhension et d’excitation. Savourant cet instant de répit, ce temps suspendu, Az garda les yeux fermés, la main toujours serrée sur sa baguette – quand on est né paranoïaque, pas moyen de se refaire !
Bientôt, une voix s’éleva dans la nuit. Une voix douce pour une phrase qui se voulait réprobatrice. En quelques petits picotements, Azrael sentit la blessure de sa main de refermer. C’est le moment qu’il choisit pour desserrer les paupières et planter son regard clair sur le visage de la jeune femme. Il laissa ses yeux se promener longtemps sur chacun de ses traits, comme s’il cherchait à les graver dans sa mémoire de peur qu’ils ne disparaissent à nouveau à sa vue. L’alcool devait probablement lui donner l’air hagard. Mais ses idées semblaient s’éclaircir et son état lui donnait une excellente raison de fixer Gillian sans pour autant donner l’impression de s’attendrir. Car c’était bien la dernière chose qu’il avait l’intention de faire. Passé le bonheur de la retrouver, il avait bien l’intention de reprendre leur éternelle lutte, leur quête de domination sur l’autre et il comptait bien avoir le dessus.
« Tiens ? Je fais à nouveau partie intégrante de ton monde ? Je ne pensais pas que mon sort t’importait autant ! »
Ce fut là sa première pique. Pas nécessairement glorieuse, elle eut cependant le mérite de rappeler à son esprit l’état pitoyable dans lequel il se trouvait et le cerveau en ébullition de Gillian devait probablement chercher une explication. Il n’était pas question qu’elle le croie malheureux, et encore moins à cause d’elle ! D’abord, il ne l’était pas. Personne n’avait le pouvoir de rendre Azrael Nathan Potter malheureux, pas même Merlin ! Il était le garçon populaire, adulé et respecté de tous, craint à défaut d’être aimé ! Si elle croyait qu’une frêle adolescente dans son genre pouvait le rendre…
« Je fêtais… » chercha-t-il en basculant d’un coup en position assise, agrippant l’herbe pour ne pas sentir le sol tourner. « Je fêtais un record de premières années traumatisés en une semaine ! Le dernier en date s’est enfermé dans les toilettes de Mimi Geignarde en appelant sa mère ! Je te jure, t’as raté quelque chose ! »
Ces paroles s’accompagnèrent d’un sourire diabolique qui se voulait convaincant. Cela dit, Azrael ne poussa par le parjure trop loin et détourna la tête en direction du château pour cacher son expression des yeux de Gillian, de peur qu’elle ne soit plus impassible. L’excuse était minable, certes, au moins autant que son état. Mais quoi dire d’autre ? « Tu me rends malheureux à en crever, je crois te posséder mais c’est toi qui me hante ! » Non. Jamais Az ne s’abaisserait à ce genre d’aveux. Il préférait encore une relation aléatoire qu’une humiliation définitive. Il n’était pas n’importe qui. Il ne pouvait pas s’abandonner à ce genre de sentiments mielleux. S’armant de courage, il adopta un ton provocateur pour lancer :
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Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mar 27 Sep - 21:28
« Tiens ? Je fais à nouveau partie intégrante de ton monde ? Je ne pensais pas que mon sort t’importait autant ! »
Gillian laissa la pique lui rebondir dessus sans brocher. Elle ne dit rien, ne cilla même pas. Elle avait l'habitude. Ce n'était que la première, elle avait de l'entrainement derrière elle. Si elle perdait patience maintenant, elle ne ferait pas long feu. Et c'est ce qu'il voulait. Qu'elle hurle de rage, qu'elle s'en aille, qu'elle le laisse seul. Mais assise là, à le regarder dans cet état négligé, elle ne pouvait pas le laisser ainsi. Elle ne voulait pas le laisser ainsi. C'était un de ces défauts. Le voir aussi démuni ne lui plaisit pas. Et puis, à l'avoir éviter si longtemps, elle avait besoin de sa présence. Un peu comme le soleil recharge les panneaux solaires des moldus, vous voyez le truc ? Ca lui faisait mal de l'admettre mais elle dépérissait un peu, elle n'était que l'ombre d'elle-même, emmurée dans sa colère. Mais il n'avait pas besoin de le savoir. Elle non plus elle n'avait pas besoin de le savoir d'ailleurs. Elle se portait mieux dans l'ignorance. Il se redressa et elle s'écarta quelque peu. Comme si elle avait peur qu'il la frappe ou quoique ce soit d'autre, comme une réminescence de ce qui aurait pu se produire un jour. La vérité c'est qu'elle ne savait pas du tout pourquoi est-ce qu'elle réagissait ainsi. C'était un instant d'auto-défense sans doute. Elle ne tenait pas à ce qu'il rompe la distance qui les séparait alors. Elle avait peur qu'il la rompe, peur de ce qu'il pourrait advenir ensuite. Mais de toute manière, il n'en avait pas l'intention. Il essayait de justifier son abus d'alcool et elle l'écoutait à peine. Il mentait elle le savait, elle ne savait juste pas pourquoi. D'ailleurs il détournait les yeux. Non, franchement, quel piètre menteur ce mec. Elle eut un petit sourire triste. C'était faire preuve de tellement peu d'estime pour elle que de lui mentir comme ça. C'était vexant.
« Et toi ? Que fais-tu là ? »
Ce qu'elle faisait là ? Ce qu'elle faisait là... Elle ne s'en souvenait plus vraiment. Ah si, elle avait voulu prendre l'air. Puis elle avait voulu lui faire la tête au carré. Mais était-ce vraiment important ? Elle avait l'impression qu'une pesante lassitude lui était tombée dessus, comme une chappe de plomb. Il y eut une brise légère et elle resserra les pans de sa robe de sorcier autour d'elle. Peut-être aussi pour se donner contenance. Il fallait bien l'admettre, elle n'était pas à l'aise à cet instant. Elle se sentait... étrangère. Etrangère à lui. Etrangère à leur relation. Et ça ne lui plaisait pas. Ca lui laissait un arrière goût amer dans la bouche. Elle se rendit compte qu'elle fixait la surface noire et uniforme du lac sans avoir pris la peine de lui répondre à aucun moment. Elle tourna à nouveau les yeux vers lui et répondit d'une voix sarcastique.
« Rien qui puisse intéresser le Grand Potter, tellement brave qu'il terrorise les premières années... »
Elle planta ses yeux bleus dans les siens et termina:
« ...et son petit frère.»
Elle jouait avec sa baguette entre ses doigts comme si elle manipulait une chose fragile et délicate. Cette baguette qui était l'extension de sa main depuis qu'elle avait reçu la lettre pour Poudlard. Elle la pointa négligemment sur la gorge d'Azrael, leva doucement les yeux vers lui.
« Quelle matûrité et quelle bravoure de s'en prendre à plus petit que soit.»
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Que ferais-tu si je mourrais aujourd'hui ? Je mourrais demain
Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mar 27 Sep - 22:00
Parfois, dans l’obscurité et le silence du dortoir des Serpentard, pendant ses nuits d’insomnies, Azrael s’interrogeait sur le sens du petit jeu que Gillian et lui menaient plus ou moins consciemment. Quel lien les unissait, au juste ? Il n’en savait rien. Il se plaisait à penser – et surtout à dire – que le fait qu’enfant, il ait sauvé la vie de la jeune femme faisait d’elle son obligée et, par conséquent, les liait pour la vie de façon irrémédiable. Mais au fond, la fougue et la vague égocentrique retombées, il savait pertinemment que les choses étaient bien plus complexes. Cela avait quelque chose d’inquiétant et de rassurant à la fois. Car de toute évidence, si Gillian ne s’était pas ne serait-ce qu’un tout petit peu attachée à lui, il n’aurait pas pu la retenir. Oh, bien sûr, avec toute la puissance de la magie à travers, en autre chose, d’un sortilège de l’imperium, cela aurait sans doute été possible. Mais elle n’aurait jamais été liée à lui comme il le ressentait en cet instant. Car quelque chose de plus profond les unissait. Peut-être le fait qu’ils aient tous deux été privés d’enfance, acceptant de porter très tôt sur leurs épaules un fardeau qui n’était pas le leur ? Elle, prenant la responsabilité de sa mère et de sa sœur et lui, acceptant son rôle de successeur en même temps que celui de protecteur envers Gillian. Ils avaient tous deux mûris trop vite, poussés de travers, l’un étant le tuteur de l’autre et réciproquement.
Le silence de la jeune femme était pesant et le fait qu’elle ait reculé en voyant Azrael se redresser ne présageait rien de bon. A vrai dire, il en avait le cœur serré, réalisant à quel point, malgré les apparences, il semblait susciter une forme de crainte chez Gillian. Bien sûr, c’est ce qu’il recherchait, du moins en apparence. Mais en cet instant, il craignait qu’elle ne se méprenne sur ses réelles intentions. Il n’avait jamais voulu lui faire du mal, jamais réellement, jamais autant qu’il n’avait souhaité détruire les autres ou se détruire lui-même. Comment lui faire comprendre sans se trahir ?
« Rien qui ne puisse intéresser le Grand Potter, tellement brave qu’il terrorise les premières années… et son petit frère. »
Enfin, elle brisait le silence et osait enfin lui faire face, plantant son regard dur dans celui du jeune homme. Azrael retrouvait là la lueur de défi et de détermination qui l’avait ébranlé quelques années auparavant. Mais le fond des propos de Gillian lui était bien trop désagréable pour qu’il ne s’attarde plus longuement sur ce trait de caractère qu’il affectionnait tant. Aussitôt, ses traits se durcirent à l’évocation de son frère. Pourquoi fallait-il que celui-ci bénéficie d’une relation privilégiée avec elle ? Qu’avait-il fait de plus qu’être un simple bambin attendrissant lors de leur première rencontre tandis qu’Azrael, lui, se devait déjà d’être un homme et se retrouvait seul à affronter la décision qu’il avait prise ? Nolhan ne lui avait pas sauvé la vie ! C’était lui et lui seul !
« Quelle maturité et quelle bravoure de s’en prendre à plus petit que soi ! »
La haine s’étant accumulée en lui comme un poison dans les veines, l’alcool aidant à sa transmission plus rapide, Azrael sentit une nouvelle fois ses passions le submerger à l’entente de cette phrase et lorsque Gillian pointa sa baguette sur sa gorge. N’attendant pas une seconde, il dégaina la sienne qu’il serrait toujours dans sa main et désarma la jeune femme aussi vite. La baguette s’envola quelques mètres plus loin pour retomber silencieusement dans l’herbe. D’un geste un peu plus brusque qu’il ne l’aurait voulu, Az plaqua Gillian sur le sol, s’écroulant à moitié sur elle pour venir murmurer tout près de son visage :
« Mon frère n’est plus un enfant, tu ne l’as pas vu grandir. Mais si tu y tiens, je peux m’en prendre à des personnes plus âgées. La question est : es-tu sûre de faire le poids ? »
Azrael eut l’impression que ses mots résonnèrent longtemps dans la nuit tandis qu’il pointait à son tour sa baguette sur la gorge de Gillian. Le temps lui sembla suspendu pendant de longues minutes avant qu’il ne retrouve ses esprits et ne relâche un peu son emprise sur la jeune femme, perdu, désemparé, désorienté par l’alcool et la colère, sentant la douleur le submerger à nouveau.
« Par Merlin, qu’a-t-il que je n’ai pas ?! Hein ?! Je t’ai sauvé la vie, je lui ai tenu tête pour toi ! »
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Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mar 27 Sep - 23:11
Gillian était comme ailleurs, distraite. Elle ne se rendit pas compte tout de suite de la lueur de lucidité subite dans le regard d'Azrael. Elle avait déjà un cran de retard lorsqu'il tira sa baguette pour la désarmer et qu'il la renversa sur le doigt, la menaçant de sa baguette. Elle était abasourdie mais elle ne bougeait pas. Elle affichait une expression étonnée mais ne tendait pas de se débattre, elle n'avait pas vraiment peur d'ailleurs. Elle était simplement surprise qu'il réagisse ainsi, aussi... promptement, violemment malgré son état. Elle ne s'y était pas attendue.
« Mon frère n’est plus un enfant, tu ne l’as pas vu grandir. Mais si tu y tiens, je peux m’en prendre à des personnes plus âgées. La question est : es-tu sûre de faire le poids ? »
Elle cligna les yeux sans vraiment comprendre. Elle ne comprenait pas pourquoi parler de Nolhan déclencha invariablement une réaction violente de sa part. La jalousie avait des limites. Quoiqu'elle n'y comprenait pas grand chose, elle n'avait jamais eu à être en compétition avec sa soeur. Elle n'en ressentait que plus de rancoeur car elle savait qui était la responsable de tout ça. Si les Potter avaient inculqué un tant soit peu d'amour à leurs enfants, il n'en serait pas ainsi. Leur relation ne serait pas aussi faussé. Il n'y aurait pas toute cette... haine dans le regard d'Azrael. Elle aurait eu peur si elle ne le connaissait pas et qu'elle ne savait pas qu'il ne lèverait jamais la main sur elle. Elle avait eu beau le pousser à bout de nombreuses fois, il avait bien tapé dans les murs ou n'importe quoi mais jamais sur elle, la cause de sa fureur. Aujourd'hui ne ferait pas exception. Elle avait fait bien pire. Elle respira à longues respirations sous lui, bien que son rythme cardiaque ait un peu augmenté. Cette situation avait un quelque chose... d'étrange, de bizarre, de malsain... d'excitant ? Son regard perdit de sa fureur, il relâcha un peu sa prise.
« Par Merlin, qu’a-t-il que je n’ai pas ?! Hein ?! Je t’ai sauvé la vie, je lui ai tenu tête pour toi ! »
Elle cligna plusieurs fois des yeux hébétés puis sourit malgré elle en se mordait les lèvres. Elle ne se moquait pas, loin de là. Elle était plutôt... attendrie, d'une certaine façon. C'était elle le problème ? Il était jaloux de son frère à cause d'elle ? Il n'avait rien compris. Elle leva doucement la main, pour ne pas l'effrayer, et toucha son visage du bout des doigts. Elle était rarement démonstrative à son égard. D'ailleurs, pour lui montrer quoi ? Tout était tellement complexe dans sa tête et elle n'avait jamais fais aucun effort pour démêler quoique ce soit, surtout pas avec Azrael. Tout était compliqué dès le départ. Elle se souvenait que, après leur première rencontre, elle avait été très suspicieuse à son égard, très farouche. Elle avait refusé de lui parler ou à qui que ce soit. Elle l'avait même mordu une fois. Elle ne supportait pas de devoir être reconnaissante à l'un des bourreaux de son père en quelque sorte. Mais il n'avait pas arrêté, elle avait fini par être impressionnée par tous les efforts qu'il mettait en oeuvre pour qu'elle se sente bien. Elle avait fini par être plus à l'aise en sa présence, par lui accorder sa confiance. Quand elle faisait des bêtises, il en prenait la responsabilité, et les punitions qui allaient avec. Il agissait... comme un héros avec elle. C'était comme ça qu'elle le voyait petite. Son héros. Mais les héros ne sont pas censés être méchants. Toutes ses assurances avaient été chamboulés par Azrael, il avait foutu son coeur en vrac, elle n'avait plus aucune certitude si ce n'est de ne pas vouloir de l'amour. Les choses s'étaient compliqués entre eux, les disputes s'étaient faites plus fréquentes, plus violentes mais il y avait aussi des moments de tendresse parfois. Une faille apparaissait dans la carapace du jeune homme et elle s'y engouffrait. Elle posa sa paume contre joue.
« Ce n'est pas la question, Az'. Il n'y a rien de plus que de toi. Que des choses en moins. Il n'est pas toi, tu n'es pas lui et je ne tiens pas à vous de la même façon. Il est... comme un petit frère, j'aime prendre soin de lui. Tu veux être mon petit frère aussi ? »
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Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mar 27 Sep - 23:43
Alors même qu’il commençait à hausser le ton, Azrael regretta instantanément son geste, sa réaction un peu démesurée qui le mettait à nu dans ses faiblesses et dans ses doutes, lui qui d’ordinaire, ne tremblait jamais et paraissait si sûr de lui. Gillian le fixait sans ciller, sans crainte, sa respiration s’étant à peine accélérée, preuve qu’elle ne le connaissait que trop bien. Jamais il ne lui aurait fait le moindre mal. Il aurait de loin préféré se jeter du haut de la tour d’astronomie plutôt que de lever la main sur elle. Ce soir-là, il avait bu. Il était triste et épuisé et pourtant, il tenait bon, résistant à l’un de ces élans de rage qui le saisissaient si souvent et dont la violence était incomparable lorsqu’il se trouvait en présence de la jeune femme. Lorsque celle-ci leva doucement sa main pour venir effleurer la joue de son geôlier du bout des doigts, Azrael sentit une vague de honte le submerger. Comment pouvait-il se montrer si violent avec un être aussi tendre ? Et comment, elle, pouvait-elle lui pardonner ses erreurs tout en donnant l’impression de lui être totalement indifférente ?
« Ce n’est pas la question, Az’. Il n’a rien de plus que toi. Que des choses en moins. Il n’est pas toi, tu n’es pas lui et je ne tiens pas à vous de la même façon. Il est… comme un petit frère, j’aime prendre soin de lui. Tu veux être mon petit frère aussi ? »
Ces paroles ne firent qu’accentuer la honte qui submergeait déjà Azrael. Tout à coup, son comportement lui parut extrêmement enfantin, lui qui avait pourtant l’habitude d’être fort, d’aller au-devant des choses, d’être le plus mature de sa fratrie et de guider les autres. Pire encore, cette réaction l’avait trahie, en quelque sorte et c’était bien le sous-entendu qui paraissait dans l’ultime question de la jeune femme. Comment se sortir de ce piège sans se montrer faible et pathétique ? Azrael sentait la paranoïa reprendre le dessus. Ayant grandi dans un milieu qu’il avait toujours considéré comme hostile, il avait bien du mal à ne pas voir chez tout un chacun une volonté de l’humilier ou de le ramener plus bas que terre. Personne ne lui avait jamais tendu la main sincèrement, personne n’avait été à l’écoute de ses sentiments profonds, il n’y avait pas la moindre raison pour que cela change. Gillian jouait avec lui et il ne se laisserait pas prendre. Aussi, choisit-il la fuit en grommelant :
« Je n’ai pas besoin qu’on prenne soin de moi. »
Une fois prononcée, cette phrase lui parut être la réponse idéale. Ayant évité la question piège à propos de la forme d’amour qu’il souhaitait que Gillian éprouve pour lui, il parvenait à retrouver un semblant de contenance, de détermination, sans toutefois exclure une relation particulière avec la jeune femme. De toutes les façons, il considérait que l’amour, dans généralité, ne l’intéressait pas et n’était pas fait pour lui. Il avait appris à ne rien attendre des autres ce qui lui avait, jusqu’ici, évité les mauvaises surprises et autres déceptions.
D’un geste tout aussi brusque que précédemment, Azrael se dégagea de Gillian pour revenir s’asseoir dans l’herbe, tournant le dos à la jeune femme pour contempler silencieusement le lac noir. Les genoux repliés contre sa poitrine, il entourait son corps de ses bras comme pour garder un semblant de contenance bien qu'en cet instant, il parut davantage craintif. Le masque de fer venait de s’abattre à nouveau sur son visage et dès lors, il retomba dans cette mélancolie qui l’avait poussé à commencer à se détruire à petit feu en début de soirée.
« Je n’ai besoin de personne. » répéta-t-il, comme pour se convaincre lui-même, dans un discours rendu presque incohérent par la fatigue et l'alcool . « J’ai tout ce que je veux : un nom, une famille, du pouvoir et du talent. Qu’est-ce que je pourrais désirer de plus ? Mon frère est faible, pas moi. »
Après un instant de silence, il ajouta, dans un murmure presque inaudible :
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Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mer 28 Sep - 0:03
« Je n’ai pas besoin qu’on prenne soin de moi. »
Et il relâcha complètement son étreinte, s'éloigna aussitôt d'elle, lui tournant le dos. Elle restait un moment toujours étendu, fixant l'espace qu'il avait quitté un peu plus tôt et déjà elle regrettait qu'il se soit éloigné, elle regrettait sa chaleur. Elle regrettait qu'il se soit replier sur lui même comme une huître qu'on aurait aspergé de citron. Elle regrettait qu'il n'ait pas été plus loin. Mais pourquoi l'aurait-il fais ? Et pourquoi l'aurait-elle voulu ? Elle ne pouvait pas réclamer de lui plus qu'il n'avait à lui offrir puisque, visiblement il avait déjà largement dépassé les limites du possible.
Elle se redressa en position assise et le fixa, songeuse, la tête légèrement inclinée sur le côté. Ses cheveux, précédemment noués en une queue de cheveux lâche, étaient maintenan défaits. Tout en l'écoutant assainer son discours, elle la refit calmement à gestes lents. Elle l'écouta condamner et rejeter tout ce qu'elle avait voulu offrir à Nolhan, tout ce que la famille Potter rejetait. Mais en cet instant, Azrael n'aurait pas pu paraitre plus démuni, plus en manque de tout ça. Pourquoi ne lui avait-été pas donné cela à lui aussi ? Parce que chaque fois il la repoussait. Parce que chaque fois, elle y laissait un petit bout d'elle et que ça l'effrayait peut-être autant que lui. S'attacher définitivement à lui, faire une espèce de syndrôme de Stockholm. C'était étrange.
Etrangement, ce soir, le fait qu'il la repousse avait comme pour effet d'amplifier son enfant de le materner. Peut-être avait-elle encore envie de le rendre furieux. Elle n'avait pas peur, elle n'était plus perplexe, elle était curieuse et désireuse de voir jusqu'à quel point il pouvait rejeter tout ce qu'elle lui donnait, jusqu'à quel point il pouvait refuser ce qu'il lui avait précédemment reprocher. Alors elle se dressa derrière lui, se laissa tomber à genoux et l'entoura de ses bras avec un sourire amusé. Elle lui glissa alors tout doucement à l'oreille.
« Hell, je rêve ou c'est un compliment ? Waouh, tu me flattes. Mais tu sais, c'est pas une faible de se laisser aller. Ca fait du bien, tu sais, de relâcher la pression. D'être vrai avec quelqu'un, de se laisser dorloter comme si la suite n'avait pas d'importance, comme si rien n'avait d'importance... »
Elle fit glisser ses mains calmement sur ses épaules. Sa morosité s'était envolée. Elle était comme ça, lunatique et étrange, passant d'un état à un autre sans grande logique mais elle ne s'en faisait pas pour ça. Elle était ainsi, elle ne voulait pas changer. Dérouter les gens l'amusaient, elle aimait étudier leurs réactions, les intriguer, les envoûter, les posséder. Elle aimait avoir toutes les cartes en main, retourner des situations impossibles. Comme maintenant. Azrael était toujours son plus gros défi.
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Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mer 28 Sep - 12:47
Lorsqu’Azrael sentit les bras de Gillian glisser autour de sa taille, il eut tout d’abord un petit sursaut et un mouvement de recul. Peu habitué à ce genre de démonstration d’affection, il éprouvait de réelles difficultés dans les relations plus personnelles qu’il avait été amené à développer jusqu’ici et d’autant plus avec Calypso pour qui il éprouvait, quoique ce fût, autre chose qu’une indifférence glacée. Pourtant, il parvint à relâcher la pression et à accepter la douceur et la complicité de cet instant. Sentant les lèvres de la jeune femme tout près de son oreille, Az’ ferma les yeux et parvint à oublier un instant le costume trop grand et trop lourd qu’il s’évertuait à porter en public depuis un âge résolument trop précoce.
« Hell, je rêve où c’est un compliment ? Waouh, tu me flattes. Mais tu sais, ce n’est pas une faiblesse de se laisser aller. Ça fait du bien, tu sais, de relâcher la pression. D’être vrai avec quelqu’un, de se laisser dorloter comme si la suite n’avait pas d’importance, comme si le reste n’avait pas d’importance. »
Les premières paroles de Gillian réussirent à lui arracher un timide sourire qui s’évanouit cependant assez vite. Les yeux fermés, perdus dans ses pensées, Azrael songeait au surnom que venait d’employer la jeune femme pour le désigner. Certes, il était toujours prononcé innocemment dans sa bouche. Mais chaque fois, la réalité sautait à la gorge de l’aîné des Potter. Elle, était son paradis. Lui, était son enfer. Les choses avaient toujours été ainsi et semblait irrévocables. En sa présence, Az’ se savait meilleur, plus fort et plus tendre à la fois, plus humain, moins cruel. Pourtant, il restait un être sombre, sournois et dominateur, exigeant et colérique et parfois, il se demandait ce qui, outre la part d’ombre immiscé en chacun, pouvait pousser Gillian à rester près de lui. Il en était arrivé à la conclusion – peut-être erronée – qu’il faisait appel à ce qu’il y avait de pire en elle et l’aboutissement de cette réflexion le faisait frémir.
« Je ne connais rien qui n’ait pas d’importance. Tu as beaucoup trop d’importance, Caly… »
Azrael avait tourné la tête et murmurer ces paroles à quelques centimètres des lèvres de Gillian, la fixant profondément de son regard bleu acier, se perdant à nouveau un long moment dans une contemplation silencieuse, luttant de toutes ses forces pour ne pas céder à la tentation, pour ne pas abimer le fruit défendu. Qui le lui défendait ? Personne d’autre que lui-même. Oh, bien sûr, nul doute que le Père n’aurait pas été ravi d’apprendre l’existence de cette forme de syndrome de Stockholm ! Mais il n’était pas obligé de le savoir. En réalité, Azrael s’interdisait lui-même d’effleurer cette extase tant par fierté que pour se tester et éviter de connaître les échecs qui ponctuaient chaque tentative avec Gillian. Ils souffraient assez, l’un et l’autre. Mieux valait rester dans ce chaud et froid, quelque part entre l’amour et la haine.
Retrouvant contenance, Azrael posa ses mains sur celles de Gillian pour les retirer de sa taille et entoura le corps de la jeune femme de ses bras puissants.
« Et puis… C’est moi qui aie fait le serment presque inviolable de prendre soin de toi ! »
Plongeant à nouveau son regard dans celui de la jeune femme, il reprit un air beaucoup plus sérieux pour déclarer :
« Je suis destiné à prendre la succession des personnes les plus puissantes et les plus influentes du Monde la Magie. Chez les tyrans, il n’y a pas de place pour les faibles ! »
Doucement, il appuya son front contre celui de Gillian et, le regard toujours plongé au fond du sien ajouta dans un souffle :
« Quoique les tyrans se trouvent souvent désemparés face à leur victime. »
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Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mer 28 Sep - 13:18
« Je ne connais rien qui n’ait pas d’importance. Tu as beaucoup trop d’importance, Caly… »
Calypso avait brusquement arrêté de sourire, comme hypnotisée par ses lèvres plus proches des siennes. Elle ne s'était pas attendue à ça. En général, chaque de ses tentatives finissaient par un refus, un rejet. Elle s'en était fait un jeu, une habitude. Et soudain, soudain, Il cédait. La faille subtile qu'elle avait distingué était-elle en train de se briser, comme il il brisait son étreinte à présent ? Elle le regardait sans comprendre. Elle n'avait pas l'habitude d'être prise au dépourvu, ni de le montrer d'ailleurs. Mais Azrael faisait voler en éclats toutes ses certitudes. Et voilà que c'était lui qui l'étreignait. Elle sentait ses bras puissants se refermer sur elle comme un piège, elle perdait les pédales, elle perdait le dessus. Une peur indiscible, sourde lui tenaillait le ventre mais son corps n'aspirait qu'au réconfort et à la chaleur que semblait lui offrir soudain Az'. Comme un bien tro longtemps caché, trop longtemps convoité dont on avait fini par croire qu'il s'agissait d'une chimère.
« Et puis… C’est moi qui aie fait le serment presque inviolable de prendre soin de toi ! »
Oui, ce serment ce pacte qu'ils avaient scellé sans vraiment en comprendre toutes les nuances. Ce pacte auquel le Seigneur des Ténèbres les avait soumis alors qu'ils étaient bien trop jeunes pour ça. Il avait tout faussé. Faussé leur assurance, leur matûrité, leurs croissance, faussé leur vie, faussé leur relation... Il les avait unis dans un funeste mariage dont il lui semblait que personne ne ressortirait gagnant, personne ne ressortirait vivant. Ca les rongeait à petit feu. Elle sentait un fourmillement partir de l'extrémité de ses mains et remonter le long de son corps tout entier. Son coeur commençait à reprendre une rythme folle.
« Je suis destiné à prendre la succession des personnes les plus puissantes et les plus influentes du Monde la Magie. Chez les tyrans, il n’y a pas de place pour les faibles ! »
Elle ne put s'empêcher de se demander si c'était elle qui l'avait enchainée à cette destinée. Si elle était morte, serait-il torturé ainsi, souffrirait-elle ainsi ? Son apparence n'avait-elle eu pour but que de le lien ad vitam aeternam à sa famille maudite ? D'ailleurs c'était peut-être ce qui pesait sur eux aussi. Une malédiction. Elle avait d'ailleurs que le fourmillement qui remontait le long de ses membres était de la magie. C'était une sensation difficile à définir. Elle ferma les yeux en sentant son front contre le sien. Ses mains partirent à la recherche de son visage. Elles se posèrent ses les lignes prononcées de sa machoîre qu'elle caressait des pouces.
« Quoique les tyrans se trouvent souvent désemparés face à leur victime. »
Elle rouvrit les yeux, y chercha la preuve du mensonge éhonté qu'il était en train de lui servir. Elle n'en trouva rien. Ses yeus semblaient remplis de sincérité et de... elle ne pouvait pas mettre un mot dessus. Elle avait soudain très peur de comprendre. Elle était partagée entre l'envie de fuir tout de suite, de peur de comprendre, de peur de s'enfoncer dans un méandre dont elle ne comprenait ni ne voulait rien. Mais elle était figée là, entre ses bras. Son refuge. Pourquoi en aurait-il jamais été autrement ? Il avait toujours été le refuge dont elle avait besoin. Pourquoi l'avoir repoussé si longtemps ? Elle ne savait pas vraiment si cette question s'adressait à elle ou à lui.
« Tu n'es pas comme eux, Azrael. Tu m'as sauvé. Tu as...»
Elle descendit l'une de ses mains sur sa poitrine, sans le quitter des yeux. Elle la plaça à l'endroit où elle sentait les pulsations sourdes de son coeur.
« ...Un coeur... »
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Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mer 28 Sep - 16:53
Les doigts de Gillian allaient et venaient le long de la mâchoire d’Azrael qui, à présent, n’avait plus conscience de ce qui l’entourait. Soudain, le monde n’existait plus, le poids des responsabilités s’envolait et la pression familiale n’était plus qu’un lointain souvenir. Il n’y avait, dans la nuit étoilée s’étant abattue sur Poudlard, que deux êtres dont l’un n’existait que pour l’autre et réciproquement. En cet instant, Az’ ne trouvait plus du tout étrange d’avoir passé ces dernières années à protéger la silhouette fragile qu’il tenait entre ses bras. Dans la confusion de l’instant, les choses n’avaient pourtant jamais paru si claires. Le jeune homme ne cherchait pas à mettre un nom sur la chose qui semblait s’agiter au fond de ses entrailles. Encore une chose que la vie lui avait appris : ne jamais nommer les moments de plénitude de peur de les voir s’envoler. Ils semblaient être entrés dans une sphère, une bulle qui contenait tout juste assez d’air pour qu’ils puissent le partager et rien en semblait pouvoir troubler cet instant privilégié.
« Tu n’es pas comme eux, Azrael. Tu m’as sauvée. Tu as… Un cœur. »
Lorsque la main de Gillian atteint sa poitrine, Azrael sentit son cœur faire un bon furieux, comme pour manifester sa présence ou, au contraire, trahir la honte d’avoir été découvert. Son regard bleu acier perdu dans celui de la jeune femme, Az’ réalisait qu’il était trop tard pour reculer. L’armistice avait été signé. Ils avaient tous deux baissé les armes, s’avouant vaincu face au manque suscité par l’absence de l’autre au cours de la semaine passée. Ils étaient à jamais liés et, une fois de plus, ils en avaient la preuve. Condamnés à s’attirer et à se repousser à intervalles réguliers comme deux aimants affolés, comme deux amants dépendants l’un de l’autre. Alors, Azraël décida d’abandonner la lutte et de se rendre à sa douce ennemie le temps d’un baiser dont il ne savait même s’il en était le seul instigateur ou s’il était le fruit d’un abandon commun.
[Flashback]
« Il était une fois un mage noir très très méchant… »
Tapi dans l’ombre du couloir, l’œil collé à la serrure d’où provenait un jet de lumière, le jeune garçon prêtait l’oreille à la petite voix fluette provenant de la chambre. La fillette était assise en tailleur sur le lit et tenait entre ses mains un vieux grimoire poussiéreux qui devait avoir échappé à l’autodafé familial. Au sol, une autre fille et un garçon, tous deux plus jeunes, écoutaient le récit avec attention, les yeux brillants d’admiration et d’excitation. Azraël, lui, ne s’intéressait guère à ce mage noir si impopulaire mais ne manquait pas la moindre syllabe et la moindre intonation du conte, littéralement fasciné par sa prisonnière.
« Quand tout à coup… » « AZRAEL ! »
La voix était inhabituellement sèche, réprobatrice et fit sursauter le garçon qui eut un mouvement de recul. Azrael se tourna vers sa mère, l’air inquiet, protégeant presque son visage de ses bras, attitude qui, d’ordinaire, était réservée à la présence du Père. Il s’attendait à recevoir une gifle ou un sort mais il n’en fut rien. Au contraire, la femme s’avança vers lui et le prit doucement dans ses bras, passant ses mains dans ses cheveux ébouriffés dans un geste tendre.
« Cette fille n’est rien d’autre que ta prisonnière, ton animal de compagnie, mon chéri… Oublie-là, mon cœur… Tu seras un sorcier puissant et respecté. Elle finira comme ses parents, traître à leur sang et te sera à jamais redevable de ce que tu as fait pour elle. Le sang d’un Potter ne peut être souillé par des filles de son espèce ! Ecoute maman mon bébé ! »
Et elle recouvrit le visage de son fils aîné d’une série de baisers passionnés tout en arborant un sourire cruel.
[/Flashback]
Cette image revint soudainement à l’esprit d’Azrael qui se détacha si brusquement de Gillian qu’il s’écroula dans l’herbe sur le dos. Se frottant énergiquement le visage des deux mains, il espérait se réveiller d’un horrible cauchemar mais il n’en fut rien. Sonné, le jeune homme se recroquevilla sur lui-même dans une position presque fœtale, perdu, désorienté. S’il n’avait pas été un sorcier, il aurait qualifié l’instant qui avait précédé cette réaction de magique. Mais cette magie-là lui était interdite. De rage, Azrael abattit plusieurs fois ses deux poings sur le seul, arrachant au passage de grandes poignées d’herbe fraîche, à nouveau submergé par la colère et la souffrance.
« Je n’ai pas de cœur ! » s’exclama-t-il avant de rouler sur le ventre, la tête entre les bras pour murmurer plus à l’herbe qu’à Gillian : « Ils me l’ont pris. »
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Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mer 28 Sep - 17:34
Calypso se laissa aller à ce baiser autant qu'elle l'impulsa. En fait, elle n'aurait pas si dire qui avait commencé. Elle avait eu l'impression d'être au bord d'un précipice et fait un pas dans le vide. Ce pas avait précipité ses lèvres contre celles du jeune homme. Et elle avait fondu en lui, comme si c'était la chose la plus naturelle au monde. Elle avait senti ses fourmillements se presser dans ses lèvres, comme un courant électrique mais ça ne comptait pas. Seul comptait ce contact, cette sensation qui se propageait en elle. Elle ne rencontrait aucun écho, elle n'avait jamais ressenti rien de pareil. Et pourtant, elle devait bien admettre qu'elle n'était pas vraiment la dernière à flirter avec les garçons, surtout quand il s'agissait de faire enrager Azrael. Elle en avait embrassé plus qu'à son tour, voire pire. Mais elle se souvenait surtout que le premier qu'elle avait embrassé, par défi, c'était lui. Ca avait été tatonnant, maladroit et étrange, elle se souvenait d'en être ressortie passablement gênée et pantoise. Mais rien à voir avec maintenant. Rien à voir avec les sentiments qui faisaient alors rage en elle.
Elle s'apprêtait à passer ses bras autour de son coup lorsque brusquement il la repoussa, comme s'il avait vu un fantôme. Il avait roulé sur le dos puis sur le côté, s'était lové sur lui-même. Gillian en restait muette, figée d'horreur. Elle le fixait sans comprendre. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il avait fais ça ? Pourquoi est-ce qu'il réagissait comme ça ? Est-ce qu'elle avait dis ou fait quelque chose de mal ? Elle ne comprenait pas sa réaction. Elle lui faiszait même... peur. Comme s'il était en proie à des démons dont elle ne voyait rien ni ne comprenait quoique ce soit. Azrael était comme en proie à une crise de rage, criant et martelant le sol de ses poings. Gil' ne le supportait pas. Elle s'était rapprochée un peu, craintivement. Elle avait approché sa main de lui lorsqu'il lança:
« Je n’ai pas de cœur ! Ils me l’ont pris. »
Elle retira vivement la main, comme si on l'avait brûlé. Elle le fixait sans comprendre, elle sentait le chagrin et la peine l'envahir doucement comme du poison. Elle baissa les yeux, recula imperceptiblement. Elle avait l'impression qu'il lui avait claqué la porte au nez. Qu'il l'avait d'abord ouverte, lui offrait un trésor de possibilité mais que soudain, dans un élan d'on ne sait quel sentiment, il lui avait tout repris et l'avait prestemment chassé. Elle se sentait comme une reclue, une paria. Il l'avait obligé à s'ouvrir elle aussi pour mieux la jeter. Le goût amer de l'amertume lui emplissait la bouche et lui faisait pincer les lèvres.
« Il est toujours là. Moi je l'ai vu, je l'ai senti. Mais toi tu t'y refuses. C'est tellement plus simple de faire l'aveugle. »
Elle leva sur lui des yeux à présent glacés par la souffrance et la colère, le regard qu'elle lui opposait lorsqu'il avait proféré des paroles qui dépassaient les bornes et qui l'avaient blessé. Elle se sentit idiote et inutilement humiliée. Qu'est-ce qu'elle avait cru ? Cette petite bulle de félicité euphémère qu'ils avaient partagé avait éclaté comme une bulle de savon. Rien de plus qu'une chimère. Elle se leva lentement, lissa les plis de sa robe. Tiens, sa baguette n'était plus là c'est vrai. Elle la repèra distraitement un peu plus loin. Tournant le dos à Azrael, elle déclara:
« Tout cela n'était encore qu'un jeu pour toi, pas vrai ? C'est tellement facile de jouer avec Caly la petite souris. Elle croit tout ce qu'on lui raconte cette pauvre gourde. »
Elle se tourna vers lui avec colère. Elle bouait littéralement de rage. C'était toujours ainsi quand elle se sentait trahi. Elle ressentait le besoin impérieux de se venger, de faire souffrir en retour, de laisser libre cours à sa colère. Elle était folle de rage, contre elle-même et contre lui. Elle ne comprenait pas comment elle avait pu tomber dans son baratin de mec bourré, comment il avait réussi à retourner la situation à son avantage. Elle lui en voulait, c'était le moins qu'on puisse dire.
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Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mer 28 Sep - 18:08
« Il est toujours là. Moi je l’ai vu, je l’ai senti. Mais toi tu t’y refuses. C’est tellement plus simple de faire l’aveugle. »
La haine était déjà perceptible dans les paroles proférées par Gillian. Comme il aurait fallu s’y attendre, l’éternelle lutte opposant les deux jeunes gens reprenait, toujours plus dévastatrice, comme s’ils ne trouvaient leur équilibre que dans un rapport de force constant, comme s’il fallait établir sa domination sur l’autre de peur qu’un « Nous » efface le « Je ». Mais l’esprit d’Azrael était bien trop confus pour mener à son terme une réflexion mûre et en cet instant, il ne songeait qu’à répliquer, à hurler encore plus fort, à la faire souffrir au moins autant qu’il souffrait lui-même. Frappant une nouvelle fois le sol de ses poings, il se leva d’un bond pour faire face à la jeune femme. Mais celle-ci avait tourné les talons pour aller se saisir à nouveau de sa baguette qui avait échoué près du lac suite à leur précédente altercation. Az’ esquissa un pas pour lui suivre mais se figea en entendant la suite du discours de Gillian.
« Tout cela n’était encore qu’un jeu pour toi, pas vrai ? C’est tellement facile de jouer avec Caty la petite souris. Elle croit tout ce qu’on lui raconte cette pauvre gourde. »
Azrael resta figé un long moment, sentant son cœur tomber lourdement au fond de sa poitrine. Pendant un instant, il sentit une infinie tristesse l’envahir. Pensait-elle réellement ce qu’elle venait de dire ? Comment pouvait-elle douter de sa sincérité ? Ce baiser n’avait-il donc pas été à la hauteur ? Az’ avait joué avec beaucoup de filles mais n’avait jamais trahie Gillian. Elle n’était pas comme les autres, il le savait à défaut de l’admettre totalement. De leur tout premier baiser à tous les deux à celui qui venait de déboucher sur le présent conflit, ce qu’ils avaient éprouvé l’un envers l’autre et l’un avec l’autre était toujours allé bien au-delà de ce qu’ils avaient pu partager avec d’autres qui n’étaient en fin de compte que des instruments pour susciter la jalousie de l’autre. Azrael pensait jusqu’ici que les règles de ce petit jeu malsain étaient fixées pour les deux partis. Pire encore, il se surprenait parfois à songer que Gillian n’attendait rien de lui. Ce soir-là, elle lui prouvait le contraire en rentrant dans une colère noire. Que fallait-il comprendre ? Avait-elle finit de jouer avec lui ? S’était-elle enfin décidée à s’ouvrir à lui pour de bon ?
Mais passé ce moment de lucidité et de maturité, Azrael sentit la colère l’envahir à nouveau. A vrai dire, il ne savait pas à qui il en voulait le plus. A lui-même pour avoir mis fin à cet instant qui aurait pu tout changer ; à famille qui l’avait formaté et traumatisé au point qu’il se sente homme sans pour autant avoir le courage d’assumer ses propres choix ; ou encore à Gillian de ne pas être en mesure de comprendre combien il souffrait et à quel point elle était indépendante à tout cela et dépassée par l’ampleur du phénomène. Mais quelques soient les cibles de sa colère, pour l’heure elle ne pouvait se concentrer que sur une seule personne.
« Tu crois que je joue avec toi ? Tu crois que je ne suis pas sincère, que je ne suis rien d’autre que le monstre que tout le monde décrit ? Toi, tu crois ça, toi ? » s’écria-t-il en avançant vers elle. « Eh bien vas-y ! »
A ces mots, il jeta sa baguette au sol et ouvrit grand les bras.
« Vas-y, si tu crois que tout est si simple ! Si tu crois que je suis juste bourré et à moitié fou et que rien d’autre que ma propre personne trouve grâce à mes yeux ! Si c’est vraiment le cas, personne ne va t’en empêcher ! Tu as l’occasion d’empêcher un futur tyran de nuire, de sauver le monde des sorciers en faisait souffrir le fils de ceux qui l’asservissent ! »
Cette dernière phrase s’accompagna d’un petit rire qui n’avait rien de joyeux.
« Ose me regarder en face et me dire que je ne représente rien à tes yeux et que tu peux te venger sans états d’âme ! »
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Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mer 28 Sep - 19:35
« Tu crois que je joue avec toi ? Tu crois que je ne suis pas sincère, que je ne suis rien d’autre que le monstre que tout le monde décrit ? Toi, tu crois ça, toi ? Eh bien vas-y ! Vas-y, si tu crois que tout est si simple ! Si tu crois que je suis juste bourré et à moitié fou et que rien d’autre que ma propre personne trouve grâce à mes yeux ! Si c’est vraiment le cas, personne ne va t’en empêcher ! Tu as l’occasion d’empêcher un futur tyran de nuire, de sauver le monde des sorciers en faisait souffrir le fils de ceux qui l’asservissent ! »
Gillian eut un frisson et recula d'un pas en serrant sa baguette. Sa réplique lui faisait l'effet d'une claque en pleine figure. Elle résista à la tentation de porter sa main à sa joue pour vérifier si elle en portait les stygmates ou non. C'était stupide et surtout elle ne tenait pas à montrer à montrer que ce qu'il lui avait dis lui faisait comme un coup dans l'estomac. Elle ne savait pas quoi penser, si elle devait le croire ou non. D'ailleurs pourquoi le devrait-elle soudain ? Pourquoi maintenant ? Il était tellement plus simple de penser que c'était le fruit de l'alcool. Mais ce qu'elle avait ressenti, ce baiser... avait-il ressenti la même chose ? Ou est-ce qu'elle s'était imaginée des choses ? Etait-elle tombée dans cette mièvrerie dont elle se moquait tant ? Qu'est-ce qui lui prenait de se comporter ainsi ? Tout était si compliqué. Même enfant, elle ne savait pas que penser de leur relation. Elle avait été partagée par la crainte et la reconnaissance. Elle était hésitante dans le comportement à adopter avec lui. Il la protégeait, elle ne comprenait pas pourquoi. Voilà la question qui la taraudait tout le temps avec Azrael. Pourquoi ? Rien n'était jamais clair entre eux. Parce qu'ils n'étaient pas simples, parce que leurs vies ne l'avaient jamais été. Et voilà qu'il avait réussi à ébranler sa colère et ses convictions.
« Ose me regarder en face et me dire que je ne représente rien à tes yeux et que tu peux te venger sans états d’âme ! »
Elle se mordit la lèvre en proie au doute. Elle l'observait, lui qui s'était démuni face à elle. Lui dire qu'il ne représentait rien à ses yeux ? C'était tristement drôle. Même si elle l'avait voulu, même si elle avait la mine résolution et les sourcils froncés sous la tension. Elle avait pris un air neutre et déterminé mais il n'en était rien. Il avait ébranlé toutes ses certitudes. Il avait tapé dans la fourmillières. Il avait reversé le chateau de cartes bancales qu'était sa vie. Et il lui demandait de le croire sur paroles ou de le tuer. Comme pouvait-elle faire l'un ou l'autre ? Le tuer était hors de question. Le tuer revenait à en faire autant avec elle-même. Mais elle n'aurait pas attendi que quelqu'un le fasse, elle s'en serait chargée elle-même. Jamais elle ne pourrait supporter sa mort, qu'elle soit sur sa conscience ou non. Mais pourquoi le croire, à quoi pouvait-elle s'accrocher ? C’est moi qui aie fait le serment presque inviolable de prendre soin de toi ! Elle pouvait se fier à ça, n'est-ce pas ? Elle pouvait se fier à cet enfant, au risque qu'il avait pris pour la protéger elle de sa vie. Elle rangea calmement sa baguette.
« Tu penses vraiment que tu ne représentes rien à mes yeux ? Mais comment veux-tu que j'oublie à qui je dois la vie ? Oh Azrael... »
Elle entortilla une de ses mèches de cheveux autour de son doigt. Il le lui répétait sans arrêt: tu m'appartiens. C'était leur principale cause de dispute. Il voulait la dominer, elle refusait d'être soumise. Mais encore une fois, il la poussait dans ses retranchements. Qu'est-ce qu'elle devait faire ? Foncer tête baissée dans ce qui allait être un suicide en bonne et dûe forme. Foncer dans quoi ? Cette sensation étrange et inconnue qu'elle avait découvert tout à l'heure ? Ou creuser à jamais un faussé... Elle était perdue. La peur lui tenaillait à nouveau le ventre. Elle s'avançait en terrain inconnue, elle était cernée d'inconnue. Que devait-elle faire ?
«Tais-toi donc avant de faire ou dire quelque chose que tu regretterais.»
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Que ferais-tu si je mourrais aujourd'hui ? Je mourrais demain
Sujet: Re: « Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian Mer 28 Sep - 20:12
Gillian pouvait toujours adopter un air qu’elle voulait le plus neutre possible, elle ne tromperait pas Arael, pas cette fois. Ce dernier avait vu juste. Il avait touché un point sensible et ils étaient dès lors à égalité, dans un rapport de force équilibré qui les figeait tout deux. La jeune femme se mordit la lèvre, un geste qui trahissait chez elle un moment de doute. Az’ pouvait lire au fond de ses yeux la dualité qui la tiraillait, celle-là même qui l’avait écartelé lui-même quelques instants auparavant. Enfin, elle abaissa sa baguette et la rangea et il sut qu’il venait de remporter une bataille à défaut de la guerre.
« Tu penses vraiment que tu ne représentes rien à mes yeux ? Mais comment veux-tu que j’oublie à qui je dois la vie ? Oh, Azrael… »
Cette fois-ci, elle semblait désemparée, à en juger par le petit geste qu’elle effectuait avec ses cheveux et qui semblait traduire toute sa nervosité. Azrael, lui, refaisait surface, reprenait le dessus, se sentant à nouveau puissant et supérieur. D’ordinaire, Gillian le repoussait chaque fois qu’il mentionnait le fait qu’elle lui appartenait, en quelque sorte. Mais cette fois-ci, elle avouait d’elle-même qu’elle ne pouvait oublier à qui elle devait la vie, chose qui avait dû lui coûter un effort incommensurable. A ces mots, Azrael se redressa, revigoré par la nouvelle tournure que prenait la situation, croisant les bras sur sa poitrine et relevant la tête en signe de défi. Il lui avait sauvé la vie et ce geste avait une signification particulière chez les sorciers. Gillian avait une dette envers lui et, dos au mur, se trouvait forcer d’admettre qu’elle ne pouvait pas le menacer de sa baguette, qu’elle n’avait aucun droit sur lui qui, en revanche, avait des droits sur tous. Azrael avait ce besoin intime de se sentir libre, constamment supérieur et jamais enfermé. Persuadé du fait, depuis son plus jeune âge, que l’affection des autres se gagne par la force, il n’était pas en mesure de comprendre que le meilleur moyen d’attirer Gillian à lui était de ne pas chercher à la posséder et de toujours lui laisser une occasion de le fuir.
« Tais-toi donc avant de faire ou de dire quelque chose que tu regretterais. »
« Non je ne me tairai pas ! C’est toujours ce que l’on n’a pas dit ou pas fait que l’on finit par regretter ! »
Azrael avait protesté plus fort qu’il ne l’aurait voulu. Exalté par sa victoire provisoire, il se sentait pousser des ailes. Décroisant les bras de sa poitrine, il s’avança en direction de la jeune femme d’un pas décidé, sans trop savoir à l’avance ce qu’il s’apprêtait à faire. Tandis qu’il s’approchait d’elle, elle lui paraissait soudainement plus petite, plus fragile et chétive qu’il ne l’avait imaginé, y compris le jour de leur rencontre, alors qu’elle séchait les larmes de sa mère et de sa sœur et écartait de toutes ses forces ses bras pas assez grands pour les accueillir toutes les deux.
« Je t’ai connue plus courageuse et plus déterminée, Gillian Calypso Black ! Je t’ai connue plus forte ! La première fois que je t’ai vue, j’ai tout de suite su que tu étais capable de déplacer des montagnes bien plus hautes que le fait de sauver une vie ! »
Azrael était arrivé à sa hauteur, son visage à quelques centimètres seulement de celui de la jeune femme, tant et si bien qu’elle devait probablement sentir son souffle précipité contre son visage.
« Tu as peur de moi ? Est-ce que tu as peur de moi ?! » hurla-t-il, une nouvelle fois plus fort qu'il ne l'aurait voulu.
Il aurait aimé qu’elle lui réponde « Oui ! Oui, j’ai peur de toi ! » car il aurait préféré que sa réaction étrange s’explique plutôt par la crainte que par l’affection. « Mieux vaut être craint que trop aimé. » Mais la passion n’était-elle pas plus forte ? Si, à en juger par le nouvel échec d’Azrael qui, ne tenant plus, saisit Gillian par la taille et l’embrassa avec davantage d’ardeur que la première fois.
« Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. » PV Gillian