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 I just need you now ϟ Azrael

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Gillian Calypso Black
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ARRIVÉE A POUDLARD: 08/08/2011
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MessageSujet: I just need you now ϟ Azrael   Sam 8 Oct - 20:50

    Calypso se rongeait l'ongle du pouce. Elle était en proie à une tension qu'elle ne parvenait pas à dissimuler malgré tous ses efforts. Lorsqu'elle s'était levée ce matin-là, elle était déjà là, dans un petit coin de sa tête, prête à prendre le dessus sur tout le reste. Pendant les cours de cette matinée, elle avait grandi, pris du poids et de l'ampleur, de la vigueur, jusqu'à écraser tout ce qui osait tenter de lui résister à savoir la volonté de Gillian. Mais il n'y avait rien à faire. C'était un cercle vicieux, comme un marécage. Plus elle se débattait, plus elle s'y empêtrait. Elle avait eu toutes les peines du monde à se concentrer sur ses cours. Il s'infiltrait partout, comme une coulée de boue. Elle avait besoin, elle en avait envie, il lui manquait: Azrael. Depuis leur dernière entrevue, ils avaient agi comme convenu. Ils n'avaient rien afficher de nouveau aux yeux des autres, ils se comportaient comme d'habitude, s'envoyaient des pics de temps à autre, sans jamais en faire trop. Flirtant ça et là avec d'autres personnes. Ils ne s'étaient pas revus depuis cette soirée-là, ces baisers, ces aveux en demi-teinte. Mais aujourd'hui était différent, c'était comme un manque pire que tout ce qu'elle avait jamais connu. Elle avait beau essayé de dompter ce sentiment, elle n'y parvenait pas. Il se faisait impérieux et elle n'attendait qu'une chose: pouvoir le satisfaire. Elle n'aimait pas se sentir impuissante face à elle-même mais elle allait céder. Elle n'avait pas le choix si elle voulait enfin être délivrée de ce sentiment oppressant.

    Enfin la fin de sa journée. Elle sortit de la salle de classe la première. Elle arpenta les couleurs d'un pas vif pour couvrir la distance jusqu'à la Tour Gryffondor. Elle le savait, à cette heure-ci, Azrael avait encore cours. Elle ne l'avouait pas mais elle savait quasiment tout ce qu'il faisait et quand. C'était inconscient et bien involontaire mais c'était sans aucun doute le cas. Dans le fief des rouges et or, elle n'adressa la parole à personne, traversant la pièce dans un sens pour se délester de ses affaires dans sa chambre, puis dans l'autre pour repartir tout aussi sec. On croirait sûrement qu'elle allait à la bibliothèque ou qu'elle avait besoin de s'isoler pour une quelconque raison. Il était de notoriété publique se mettre en travers du chemin de Calypso alors qu'elle n'était pas d'humeur était tout bonnement suicidaire.

    Elle arriva bientôt au pied des grands escaliers. Si elle avait l'air de déambuler au hasard. Elle savait parfaitement où elle était. Au détour de plusieurs couloirs, elle finit par s'arrêter le long d'une colonne et s'y adosser. Azrael ne tarda pas à faire son apparition avec sa clique. On aurait dis des planètes gravitant autour d'un soleil. Ils étaient tous focalisés sur lui, ses mouvements, ses paroles... Ca lui arracha un sourire. Puis elle attendit que leurs yeux se croisent, ce qui ne tarda pas à se produire. Elle se contenta de la fixer de manière pressante, énigmatique, sans esquisser le moindre geste ou prononcer le moindre mot. Il comprendrait, elle le savait. Alors, elle s'éclipsa sans plus de cérémonie, s'enfonça plus loin dans le couloir, tourna au coin. Elle entra dans une salle de cours qu'elle savait vide et elle attendit. Elle savait qu'il allait arriver, qu'il ne tarderait plus. Elle se tenait derrière la porte, guettant sa silhouette caractéristique. Lorsqu'elle l'aperçut, elle l'attrapa par le bras et le tira brusquement à l'intérieur avant de claquer la porte derrière lui. Bon, on faisait plus discret mais elle n'y pouvait rien. Elle pouva malgré elle avant de se jeter sur lui, sans vraiment comprendre ce qui lui arrivait. Elle l'embrassa longuement avant de le libérer enfin.

    « Salut. »















ϟ

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Azrael Nathan Potter
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MessageSujet: Re: I just need you now ϟ Azrael   Sam 8 Oct - 23:26

-Mr Potter ? Je vous ai posé une question ! Vous êtes avec nous ? Vous ne me semblez vraiment pas concentré ces derniers temps…

Azrael sursauta si brusquement que son coude heurta sa bouteille d’encre dont le contenu se répandit sur les parchemins amoncelés sur sa table. A peine conscient des dégâts, le jeune homme releva la tête vers son professeur qui le fixait d’un regard mi- inquiet, mi- exaspéré. Az’ le gratifia de son expression la plus méprisante, ses yeux bleus acier s’assombrissant brusquement tandis qu’il serrait sa plume si fort qu’elle se brisa dans sa main. Pour qui se prenait-il ? Après tout, il n’était que son obligé à lui dont le père contrôlait non seulement le Ministère de la Magie mais surtout la totalité ou presque du monde des sorciers. Azrael Potter avait toujours été un élève exemplaire, brillant et promis à un grand avenir. Son professeur se devait de lui pardonner ce moment d’inattention et il s’apprêtait à le rappeler à l’ordre, préparant soigneusement une réplique cinglante. La cloche retentit. Sauvé par le gong. Azrael se leva et ramassa ses livres dans un geste rageur avant de quitter la pièce précipitamment, suivi de ses sbires.

Depuis quelques jours, Az’ se sentait absent, totalement déphasé. Se mettre avant face à ses professeurs, rappeler à tous qu’il figurait parmi les meilleurs et était digne de prendre la suite de son père ne l’intéressait plus. Même tyranniser les premières années et parader dans les couloirs avec à son bras la plus belle fille du château, toujours différente d’un jour sur l’autre n’avait plus le même goût. A vrai dire, toutes ses pensées étaient tournées vers Gillian depuis cette soirée passée au bord du lac noir. Les deux jeunes gens avaient respecté la promesse qu’ils s’étaient faite dans l’obscurité du grand hall, juste avant de se quitter. Leur comportement en public n’avait pas changé. Lorsqu’ils se croisaient dans les couloirs bondés, ils se montraient froid voire méprisants l’un envers l’autre. Personne n’aurait pu soupçonner l’obsession qu’ils constituaient chacun pour l’autre.

-Hey, Az’ ! Regarde qui voilà ! Ton exquise captive ! Dis donc, tu crois que… ? Allez, entre potes, on partage !

Azrael se sentit pâlir malgré lui. Furieux, il empoigna ce crétin de Zabini par le bras et serra si fort qu’il y avait peu de chance pour que le sang circule encore dans les veines de cet abruti. Mais prenant conscience du fait qu’il risquait de se trahir, Az’ relâcha la pression et adressa un sourire forcé à son acolyte avant de se tourner vers Gillian qui lui lança un regard appuyé auquel il répondit par un hochement de tête presque imperceptible avant de reprendre le fil de la conversation, comme si de rien n’était, lançant à la cantonade :


-Regardez-moi tous ces traites à leur sang qui pullulent dans les couloirs ! Croyez-moi les gars, quand mon tour viendra tout sera différent ! Et votre fidélité sera récompensée !


Tandis que les autres buvaient ses paroles, Azrael bombait le torse en affichant un petit sourire suffisant. Puis, il s’excusa auprès de ses acolytes, affirmant avoir oublié un grimoire dans la salle de cours et s’engouffra dans le couloir où il avait vu Gillian se faufiler quelques minutes auparavant. Il avançait lentement, tendant l’oreille, guettant la présence de la jeune femme lorsqu’il sentit une main empoigner son bras et le tirer de force dans une des salles de classe. La porte claqua et il sentit bientôt Son parfum emplir ses poumons, Sa chevelure frotter son visage, Ses lèvres s’emparer des siennes le temps d’un baiser passionnée auquel il répondit avec ardeur. Le vague « Salut » qu’elle lui adressa par la suite et qui lui apparut alors décalé lui adressa un léger sourire attendri. Un sourire qui glissa en une grimace lorsqu’il resongea aux propos que Zabini avait tenu quelques minutes auparavant. Gillian était magnifique, de jour en jour. Et Azrael avait du mal à accepter qu’elle suscite tant de convoitises, et qui plus est de la part de garçons qui, en fin de compte, ne la voyait comme un objet. Ce que lui éprouvait à son égard allait bien au-delà d’un simple amour physique.

Comme s’il craignait soudainement qu’elle ne lui échappe pour un autre, Az’ entoura Gillian de ses bras puissants, la serrant de toutes ses forces contre lui tandis qu’il l’embrassait dans le cou avec passion. Il lui murmura à l’oreille :


« Tu me manques, tu me manques ! »


Alors il se détacha d’elle pour la fixer gravement, comme pour graver cet instant dans son esprit tout en sentant sa mâchoire se contracter à la seule pensée des mauvaises intentions de Zabini.
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MessageSujet: Re: I just need you now ϟ Azrael   Lun 10 Oct - 20:22

    C'était étrange, incompréhensible: elle se sentait mieux. Maintenant qu'elle pouvait le voir, le toucher, le sentir, elle se sentait tellement mieux ! Elle avait l'impression que l'étau qui s'était appliqué à la broyer ces derniers jours n'avaient jamais existé, simplement un mauvais souvenir. L'étau de ses bras l'avait remplacé et elle aimait ce contact. Elle se laissa aller dans ses bras, en savourant la chaleur. Elle admirait son sourire et son regard qui la laissait toujours sans voix et qui pour l'heure n'avait d'yeux que pour elle. Elle aimait qu'il focalise son attention sur elle uniquement. Elle aimait, qu'après cette guerre froide qui se déroulait pendant les cours, elle puisse retrouver le soleil dans ses bras. On ne se rend jamais compte de ce qu'on a tant qu'on ne l'a pas perdu. Elle n'a jamais autant compris cette expression qu'en cet instant.
    Mais soudain une ombre apparut dans le regard d'Azrael, son sourire fondit. Elle se demanda ce qu'il avait, si elle avait fais quelque chose de mal pour qu'il réagisse soudain ainsi. Elle se raidit malgré elle, prête à recevoir on ne sait quoi de la part du jeune homme. Mais la suite fut tout autre. Il l'emprisonna dans ses bras imposants et elle se laissa faire, un peu surprise d'un tel débordement d'affection. Mais tous ses doutes furent balayés par ses lèvres qui enflammèrent la peau de son cou et ses mots. Elle ferma les yeux en plongeant les doigts dans ses cheveux. Son autre main s'était perdue dans son dos tandis qu'elle l'étreignait contre elle.

    « Tu m'as hanté progressivement ces derniers jours. Ca virait à l'obsession pure. J'avais besoin de te voir maintenant. »

    Elle vit qu'il avait le regard grave et la machoîre crispée par une rancoeur quelconque dont elle ignorait tout. Doucement, elle caressa sa joue avec tendresse jusqu'à ce qu'il se décide à déserrer les dents. Un pli soucieux barrait son front. Elle était toujours soucieuse de voir Azrael dans un tel état. C'est que, nerveux comme il était, il était prêt à faire n'importe quoi par colère ou représailles. Elle ne voulait pas qu'il fasse de choses stupides. Elle avait toujorus fais en sorte d'intervenir avant qu'il ne fasse des bourdes monumentales en général, toujours avertie par Nolhan.

    « Az', dis-moi: qu'est-ce qui t'arrives ? Pourquoi est-ce que tu es si tendu ? »

    Elle ferma les yeux et déposa un léger baiser sur ses lèvres, comme si cela pouvait gommer la contrariété qu'il pouvait ressentir, quelqu'en soit la raison. A quoi bon être une sorcière si ce genre de magie était inefficace, hein ? Elle le fit asseoir sur une table comme elle l'aurait fais avec un simple enfant et lui prit la main, entremêlant leurs doigts. Elle prit son visage à deux mains et colla son front contre le sien en fermant les yeux. Elle souffla doucement sur son visage comme si ça pouvait chasser toutes ses pensées négatives, les maintenir loin et ramener les bonnes. Puis elle déposa un baiser sur chacune de ses paupières comme pour sceller un sort l'empêchant de voir autre chose qu'elle.















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MessageSujet: Re: I just need you now ϟ Azrael   Lun 10 Oct - 22:24

Elle aussi, elle l’avait hanté. Plus qu’elle n’aurait pu l’imaginer en cet instant. Depuis leur dernière rencontre, pas une seule seconde ne s’était écoulée sans qu’il ne pense à elle. La nuit, elle apparaissait dans tous ses rêves et le jour, il la cherchait des yeux, croyant deviner sa silhouette au détour de chaque couloir. Et lorsqu’enfin il la croisait, son parfum lui brûlait la gorge et emplissait ses poumons pour le reste de la journée. Bien sûr, face aux autres il fallait garder la face. Pas question de laisser apparaître quoique ce soit face à Malefoy, par exemple. D’autant plus que ce dernier n’était pas toujours digne de confiance et aurait pu, un de ces jours où les deux garçons étaient davantage ennemis qu’amis, laisser échapper quelques sous-entendus au détour d’une conversation au cours d’un déjeuner au manoir des Potter. Dès lors, les choses se seraient compliquées et si tant est que Gillian n’aurait pas été chassée de la demeure familiale, Azrael aurait subi les foudres de son père et vu les procédures s’accélérer en vue de lui trouver la parfaite épouse de sang pur qui ne risquait pas de faire jaser le Ministère. Non vraiment, à cette pensée Az’ se dit que l’adage « Pour vivre heureux vivons cachés » prenait tous son sens.

Gillian sembla bientôt remarquer l’attitude anormale d’Azrael. Celui-ci resta sans réaction au baiser qu’elle déposa sur ses lèvres et se laissa entraîner vers l’une des tables de la classe sur laquelle il se hissa. Lorsque la jeune femme entremêla ses doigts aux siens, Az’ les serra très fort dans la paume de sa main et ferma les yeux alors que Calypso venait appuyer son front contre le sien. Le souffle de Gillian sur son visage lui arracha quelques frissons alors qu’il se sentait soudainement apaisé, la colère qu’il avait éprouvé quelques secondes auparavant contre Zabini retombant aussitôt. Un peu surpris par les deux baisers qu’elle déposa sur chacune de ses paupières, il rentra légèrement sa tête dans ses épaules, toujours sur ses gardes et peu habitué à des démonstrations d’affection sincère. Il n’avait pas l’habitude d’être lui-même et d’envisager une relation pour d’autres raisons que celle du paraître, le plaisir de se pavaner dans les couloirs avec à son bras la riche héritière d’une famille de sorciers au sang pur. Azrael garda les paupières fermées, comme pour rester sur cet élan de sincérité, laissa échapper un soupir avant de finir par desserrer les dents.


« Je ne veux pas avoir à te partager. »


Ces paroles avaient été prononcé à mi-voix avec le ton et l’expression d’un petit garçon boudeur à qui l’on aurait refusé un énième caprice. Pourtant, tout cela n’avait rien d’un caprice et Azrael n’était plus un enfant. Et c’était bien le fait qu’ils refusaient tout deux d’assumer leurs choix en adultes qui les mettait dans cette position délicate. A cette pensée, Az’ rouvrit les yeux et sauta sur ses pieds avant de saisir doucement Gillian par la taille, son front toujours appuyé contre celui de la jeune femme.


« Je voudrais pouvoir me montrer avec toi publiquement, ne pas avoir à me sentir coupable ni à me faire doucement à l’idée de devoir bientôt fréquenter la fille Lestrange, Dolohov… Ou Malefoy. Je voudrais ne pas être un Potter mais peut-être que je t’intéresserais moins ? »


Après un moment de silence, il rajouta :


« Je ne peux plus supporter la façon dont Zabini te regarde, je n’ose même pas imaginer ce qu’il pense, c’est… La magie ne suffirait pas, je vais lui mettre mon poing entre les deux yeux ! »

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MessageSujet: Re: I just need you now ϟ Azrael   Jeu 13 Oct - 19:26

    « Je ne veux pas avoir à te partager. »

    Cette phrase prit Calypso au dépourvu. Elle arqua légèrement un sourcil mais ne dit rien, attendant la suite. Ce qu'il venait de lui dire lui avait cependant fais plaisir. Si Azrael avait toujours revendiqué des droits sur elle, elle ressentait cette fois-ci plus qu'un simple besoin d'affirmer son emprise sur elle. Non, elle percevait quelque chose de plus subtile qu'elle n'avait jamais relevé jusqu'alors. Elle se mordit les lèvres pour ne pas sourire. Elle ne savait pas de quoi il en retournait, si elle devait s'en réjouir ou non de ce qu'il révélait à demi mots. Elle allait peut-être tomber de haut, qui sait ? Elle ne savait pas, elle ne savait rien. Mais cette tête qu'il avait, cette expression qu'elle ne lui avait pas vu depuis des années déjà ne pouvait que la faire sourire. Il avait l'air tellement enfantin ainsi, tellement... simple. Ca lui donnait envie de le dorloter, un peu comme elle le faisait avec Nolhan.
    Elle se coula doucement dans ses bras, répondant à son étreinte.

    « Je voudrais pouvoir me montrer avec toi publiquement, ne pas avoir à me sentir coupable ni à me faire doucement à l’idée de devoir bientôt fréquenter la fille Lestrange, Dolohov… Ou Malefoy. Je voudrais ne pas être un Potter mais peut-être que je t’intéresserais moins ? » Puis il reprit: « Je ne peux plus supporter la façon dont Zabini te regarde, je n’ose même pas imaginer ce qu’il pense, c’est… La magie ne suffirait pas, je vais lui mettre mon poing entre les deux yeux ! »

    La première partie de sa phrase la fit se raidir et elle recula malgré elle, perturbée par ses paroles. Elle avait chassé loin d'elle l'idée que tôt ou tard il faudrait qu'elle l'abandonne aux bras d'une autre, qu'elle ne serait pas autorisée à rester avec lui jusqu'à ce que quelque chose de plus fort qu'un simple sorcier ne les sépare. Elle avait presqu'eu l'espoir d'oublier qu'ils n'étaient pas ce qu'ils voulaient être, que des pions sur un échequier. Mais voilà qu'il mettait à nouveau le doigt dedans, comme du sel dans une plaie.
    Mais elle tomba des nues, déconcertée par la suite. Qu'est-ce que Zabini venait faire là-dedans ? Tous deux se fréquentaient très peu. Il fallait dire que ce mec, on voyait très vite dans son regard qu'il n'attendait qu'une seule et unique chose des filles: qu'elles écartent les jambes pour lui. Il était hautain et macho avec ça. Elle ne supportait pas de se retrouver en sa présence. Mais la remarque d'Az laissait à supposer qu'il avait parlé d'elle et en des termes qui n'avaient pas plu au jeune homme, loin de là. Elle rit légèrement et l'embrassa doucement.

    « Parce que tu crois que ça me fait plaisir à moi de devoir supporter les minauderies des filles aux toilettes à ton sujet ? Ou de voir ces pimbêches de Serpentard te tourner autour comme des vautours ? Az', Zabini est pire que de la mandragore. Je ne veux pas qu'il m'approche alors tu n'as rien à craindre. Ma préférence va à un autre...»

    Elle sourit et laissa ses doigts remonter le long de son poignet, y parcourant à plusieurs reprises le chemin dans un sens ou dans l'autre. Elle n'avait jamais pu supporter la majorité des filles de Poudlard pour ça, pour leur attirance sans équivoque pour Azrael, la façon qu'elles avaient de minauder devant lui, de parader, d'essayer d'obtenir ses faveurs. Intérieurement, elle avait toujours craint que l'une d'elle parvienne jamais à l'éloigner d'elle. Elle ne l'aurait pas supporté. Elle ne le supporterait pas. Si l'appât du gain était déjà présent à Poudlard, à Poudlard College c'était bien pire. Si encore l'une d'elle allait vers lui pour ce qu'il est vraiment. Mais aucune ne le connaissait comme elle Aucune ne le mériterait. Elle ne laisserait jamais une telle chose arriver.
    Occupée qu'elle était à se soucier de lui, elle avait accordé son attention à peu de jeunes hommes. Elle avait bien sûr essayer plusieurs fois de se prouver qu'elle était bien intéressée par eux et que, si aucun ne la rendait folle comme Azrael, elle était quand même capable de ressentir des choses, que peut-être elle pourrait échapper à ce qui les liait. En vain. Elle était sa prisonnière en bien des termes.















ϟ

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MessageSujet: Re: I just need you now ϟ Azrael   Ven 14 Oct - 20:16


« Parce que tu crois que ça me fait plaisir à moi de devoir supporter les minauderies des filles aux toilettes à ton sujet ? Ou de voir ces pimbêches de Serpentard te tourner autour comme des vautours ? Az', Zabini est pire que de la mandragore. Je ne veux pas qu'il m'approche alors tu n'as rien à craindre. Ma préférence va à un autre...»


La première partie de la réponse de Gillian arracha à Azrael un sourire amusé, presque enfantin. A vrai dire, il était à la fois touché de sentir une once de jalousie dans les propos de la jeune femme et, dans le même temps, assez flatté d’être un objet de convoitise pour la majorité des filles de l’école. Ce qui l’avait toujours surpris, d’ailleurs. Certes, il était séduisant, nul (ou plutôt nulle !) n’aurait pu dire le contraire et particulièrement intelligent. Mais Az’ ne s’était jamais fait remarquer pour sa sympathie, sa générosité ni sa dévotion aux autres. Aussi, s’il comprenait très bien que les jeunes femmes de Serpentard se crêpent le chignon pour se pavaner à son bras – et il n’avait d’ailleurs pas le moindre mal à se montrer en compagnie d’une prétendante différente chaque jour – il comprenait nettement moins bien l’hystérie suscité par son passage chez les élèves des autres maisons. Peut-être que tout cela n’était en définitive qu’une question d’aura, de puissance, de physique et d’argent.

Gillian ne semblait pas du tout intéressée par Zabini et Azrael, soulagé, ne mit pas un instant en doute sa sincérité. A vrai dire, il était perturbé par tout autre chose. En effet, la jeune femme commençait à faire courir ses doigts doucement sur son poignet. Az’ se raidit, avant de plaquer sa main sur celle de Calypso, dans un réflexe, pour cacher à sa vue la Marque des Ténèbres qui se profilait sous la manche de sa chemise. Il était rare qu’Azrael ait honte de son engagement auprès du Seigneur des Ténèbres. A vrai dire, cela n’arrivait qu’en présence de Gillian. Comme pour cacher sa gêne, il détourna le regard, faisant mine de guetter les silhouettes qui évoluaient dans le parc, tapotant nerveusement son pied contre le pied de la table sur laquelle il était assis.

Finalement, après quelques longues minutes de réflexion, Azrael prit une grande inspiration et porta à nouveau son regard bleu sur Gillian avant de remonter complètement la manche de sa chemise, affichant un air dans lequel on pouvait lire à la fois la fierté et le défis. Après tout, cette marque représentait ce pourquoi il était né, ses racines et ses ailes. Un jour, il prendrait la tête de tout ça. La question était : en serait-il capable ? Cela ne faisait que peu de temps, depuis sa majorité, qu’il avait intégré les Mangemorts. Mais jusqu’ici, son rôle avait été minime. Toutefois, son père l’avait convoqué il y a peu pour lui expliquer qu’il allait devoir prendre de l’ampleur dans le mouvement, se montrer digne du respect de ses acolytes s’il voulait un jour avoir de l’autorité sur eux. Et à l’approche de l’anniversaire d’Azrael, Harry Potter et Tom Jedusor avaient prévu un évènement important, une sorte de consécration.

-Qu’est-ce que tu penses du fait de tuer ? Qu’est-ce qu’on ressent, à ton avis ? Est-ce qu’on peut être le même après ça ?

Azrael fixait Gillian silencieusement, la tête légèrement penchée sur le côté mais avec le plus grand sérieux. Il attendait une réponse. Il avait besoin d’une réponse. De la sienne. Il avait besoin de s’avoir s’il pourrait survivre à ça, s’ils pourraient y survivre ensemble, si elle pourrait lui pardonner.
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MessageSujet: Re: I just need you now ϟ Azrael   Ven 14 Oct - 21:36

    Azrael avait eu un geste brusque en stoppant net sa main. Gillian s'était sentie piquée à vif. Elle lui témoignait son affection, de besoin de le toucher de l'avoir prêt d'elle, cette envie oppressante d'être en contact avec sa peau. Son geste lui faisait l'effet d'une gifle en pleine figure, ou comme s'il l'avait violemment repoussé. Elle replia ses bras contre sa poitrine, se mordant la lèvre boudeuse. Elle était blessée dans son orgueil, son amour propre. Elle n'avait jamais supporté qu'on la repousse, elle le vivait trop mal. Elle avait toujours besoin de se sentir aimée et protégée. Az' le savait pourtant, non ? Il la connaissait. Alors pourquoi est-ce qu'il lui faisait ça ? Mais peut-être était-elle trop excessive. Ce qui était vrai. Elle se vexait vite, boudait facilement, changeait d'humeur comme de chemise. C'était elle. Vivant toujours à fond, comme si demain risquait d'être la dernière fois.
    Mais voilà qu'il relevait sa manche, révélant ce qu'il avait tenté de lui cacher: la Marque des Ténèbres. Elle ne put retenir un frisson. Ce n'était pas le tatouage en lui-même qui lui avait en quelque sorte coupée le souffle, c'était ce que cela sous-entendait, ce qu'elle redoutait mais préférait ignorer. Il était des leurs. Il appartenait aux Mangemorts, il portait la Marque. Tout s'était mis en branle, son destin s'était mis en branle. Une crampe lui tordit l'estomac et elle porta une main à sa gorge.

    -Qu’est-ce que tu penses du fait de tuer ? Qu’est-ce qu’on ressent, à ton avis ? Est-ce qu’on peut être le même après ça ?

    Elle se mordit à nouveau les lèvres et se hissa à son tour sur une table. Elle fixa son regard sur ses mains et ne dit rien dans un premier temps. Elle ne savait pas quoi dire, quoi penser. Elle était passablement ébranlée. Elle avait l'impression que chaque seconde laissait l'opportunité aux engrenages de continuer leur oeuvre machiavélique et de les éloigner l'un de l'autre. Elle avait l'impression que la Marque signait son arrêt de mort, comme une épée de Damoclès au dessus de leur relation naissante. Puis sa réplique. Qu'est-ce qu'elle devait dire ? Qu'est-ce qu'elle devait faire ? Qu'est-ce qu'il attendait d'elle ? Elle était perdue, elle ne savait pas quoi faire. Tuer. Les Mangemorts tuaient. Les Mangemorts avaient tué son père. Ils le lui avaient enlevé, il l'en avait privé. Elle sentit que sa poitrine se soulevait laborieusement alors qu'elle cherchait désespérément. Elle sentait les larmes qui lui manquaient aux yeux. Elle suffoquait. Elle se détourna, marcha vers les fenêtres. Elle se sentait minable, pathétique. Elle ne voulait pas qu'il la voit ainsi, si faible, si vulnérable. Ce qu'on ressentait ? Elle n'en avait aucune idée. Sans doute pas la même chose que ce qu'elle souffrait depuis. Comment pourraient-ils alors commettre tous ces meurtres ? Elle posa ses mains moites à plat sur la vitre froide, son front suivi. Elle ferma les yeux. Il fallait qu'elle se calme. Il fallait qu'elle se reprenne.

    « Az'... Tu te rends compte de ce que tu me demandes ? Tu te rends compte de ce qui ça signifie pour moi ? » Elle soupira puis reprit: « Ils ont tué mon père... Ils nous ont privé de la vie qu'on aurait dû avoir, Penelope et moi, ils lui ont brisé le coeur... Et tu es l'un des leurs. » Elle se retourna vers lui, le regard perdu et plein de souffrance. « Tu es l'un d'entre eux... Je pensais pas que ça arriverait si tôt. Je pensais pas que le ciel serait déjà si noir au dessus de nous. Je sais plus quoi faire... »















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MessageSujet: Re: I just need you now ϟ Azrael   Ven 14 Oct - 22:15

Pas un seul instant Azrael n’avait pris conscience de la portée de son propos. Pas un seul instant il n’avait anticipé la réaction possible de Gillian à la vue de la Marque des Ténèbres. A vrai dire, il avait été persuadé, jusqu’à cet instant, que la jeune femme ne se faisait aucune illusion quant à ses relations avec le Seigneur des Ténèbres. Az’ était majeur depuis quatre ans déjà ; comment avait-elle pu croire qu’il n’était pas déjà l’un des leurs ? Il sentit son estomac se tordre en la voyant s’éloigner. Que devait-il comprendre ? Il la dégoûtait. Il venait de tout gâcher. L’espace d’un instant, Azrael songea à sauter sur ses pieds et à fuir cette salle, à fuir cette relation, à fuir cette existence qui l’avait condamné par avance en l’affublant d’un nom beaucoup trop dur à porter. Mais il restait soudé à la table sur laquelle il était assis, comme englué, figé dans l’horreur et la tension de l’instant. Dans quelques semaines, il fêterait son anniversaire et quand d’autres jeunes hommes de son âge recevaient des gallions, lui qui n’en avait jamais manqué recevraient un cadeau fait de chair et de sang, un corps qu’il devrait priver d’âme. A cette pensée, il eut un haut-le-cœur. D’un bond, il se leva et vint se réfugier dans un coin dans la pièce, à l’opposé de Gillian, peinant à respirer. En se confessant ainsi, il s’était attendu à un soutien. Au lieu de ça, il avait ramené à la surface les démons de la jeune femme.


« Az'... Tu te rends compte de ce que tu me demandes ? Tu te rends compte de ce qui ça signifie pour moi ? Ils ont tué mon père... Ils nous ont privé de la vie qu'on aurait dû avoir, Penelope et moi, ils lui ont brisé le coeur... Et tu es l'un des leurs. Tu es l'un d'entre eux... Je pensais pas que ça arriverait si tôt. Je pensais pas que le ciel serait déjà si noir au dessus de nous. Je sais plus quoi faire... »


A peine cette histoire avait-elle commencé qu’elle était déjà condamnée. Azrael s’était toujours moqué ouvertement des moldus qui se nourrissaient d’histoires à l’eau de rose qu’il trouve stupides, à l’image de l’amour déçu de Romeo et de Juliette qui ne pouvaient finalement trouver la paix que dans la mort. Et pourtant… La souffrance se lisait sur le visage de Gillian. Elle semblait déchirée par la douleur, rappelée au souvenir de ce père dont on l’avait privé. Comment pourrait-elle aimer un assassin ? Azrael, quant à lui, ne pouvait pas renoncer à ce qu’il appelait, depuis son plus jeune âge, son « destin ». Comment concilier ces desseins contradictoires ? Perdu dans le fil de ses pensées, Az’ ne réalisait même pas qu’il grattait furieusement son poignet, là où se trouvait la Marque des Ténèbres qui était désormais légèrement moins visible sur sa peau rougie et irritée.

Enfin, il trouva le courage de se lever, inspira profondément et s’avança d’un pas timide en direction de Gillian qui lui tournait toujours le dos. Lentement, il vint glisser ses bras autour de sa taille et coller sa joue contre la sienne, laissant son souffle chaud se perdre dans le creux de son cou.


« Je n’ai pas tué ton père, Gillian… J’ai sauvé la vie de sa fille. Et où qu’il soit maintenant, il le sait… et lui seul peut voir ce que je ressens pour toi. »


Il avait prononcé ces mots dans un murmure tout juste audible, la voix légèrement tremblante ce qui était très rare chez lui. Puis, resserrant davantage ses mains secouées par de légers tremblements autour de la taille de la jeune femme, il rajouta, encore plus bas :


« Je ne peux pas leur dire non. Tu n’as aucune idée de ce qu’ils me feraient. Tu n’as aucune idée de ce qu’ils me réservent et de ce qu’ils m’ont déjà fait subir. Je n’ai pas le choix. »

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MessageSujet: Re: I just need you now ϟ Azrael   Jeu 27 Oct - 15:46

    Calypso avait les yeux fermés, le front collé contre la vitre froide, lorsqu'elle sentit les bras d'Azrael s'enrouler autour de sa taille. Elle était partagée entre l'envie de savourer ce contact et celle de le repousser. A l'intérieur d'elle, un combat faisait rage entre deux parties d'elle-même, la laissant en proie à un profond doute. Elle n’avait jamais aimé se sentir perdue. Elle avait toujours su ce qu’elle faisait, ce qu’elle voulait. Elle avait toujours su mettre un pied devant l’autre et se dresser face à l’inconnu. Mais voilà qu’elle était en proie au désarroi pour les beaux yeux d’Azrael Potter. Pourquoi maintenant ? Pour les choses étaient-elles soudain si compliquées ? Elle se souvenait de tant de choses. Ils avaient grandi ensemble. Ils s’étaient nourris de leurs conflits et de leurs rires, de leur complicité et de leurs différences. Elle se souvenait des fois où, de la pénombre de la fenêtre de sa chambre, elle l’observait alors qu’il se glissait hors de la demeure familiale pour commettre quelques méfaits avec Scorpius. Il y avait eu l’avant Poudlard entre eux. La période où ils n’étaient que des enfants. Elle avait renoncé à lui en vouloir de ce qu’il n’avait pas fait, elle lui était même plutôt reconnaissante de les avoir sauvées, sa sœur et elle. A cette époque, elle avait de l’admiration pour lui, une admiration muette. Il était son héros. Combien de fillettes de son âge pouvait se targuer d’avoir un héros bien à elle, prêt à risquer sa vie pour elle ? Combien de filles pouvaient se targuer de compter aux yeux du déjà célèbre Azrael Potter ? Elle se sentait unique, privilégiée. Par moment, elle avait même l’impression d’être un peu spéciale à ses yeux, d’être une fille un peu au-dessus du lot. Ils leur arrivaient de passer des moments en cachette rien que tous les deux, un peu comme là, mais ça avait lieu le soir quand tout le monde dormait. Ils se retrouvaient dans le grenier à la lueur de la lune et parlaient à voix basse pendant des heures parfois. Puis ils étaient rentrés à Poudlard et les choses avaient changé. Il y avait eu beaucoup d’autres filles et une attitude similaire. Elle n’était plus exceptionnelle, pas plus que les autres. Elle devenait quasiment invisible à ses yeux, il s’éloignait et elle était devenue beaucoup plus dure à son égard. Voilà comment leurs rapports s’étaient dégradés.
    Et puis il y avait maintenant. Elle avait cru que les choses avaient changé, qu’ils étaient plus proches que jamais mais il y avait toujours quelque chose pour se faufiler entre eux. Est-ce que leur relation était définitivement condamnée à l’échec ? Ne ferait-elle pas mieux de mettre fin à toute cette mascarade et cette souffrance inutile avant qu’ils ne souffrent tous les deux pour de bon ? Que devait-elle faire ? Elle était complètement perdue. Elle se mordit les lèvres, elle ne voulait pas s’effondrer. Elle sentait la joue et le souffle chaud d’Azrael sur sa peau. Elle avait de se blottir dans ses bras et de ne plus jamais en sortir, comme s’il pouvait la protéger du monde extérieur et de tout ce qui pourrait les attaquer encore. Mais elle n’était pas faible, elle ne voulait pas choisir la facilité. Mais où était la facilité de toute manière ? Plus rien n’était simple. Bienvenue dans le monde des adultes.

    « Je n’ai pas tué ton père, Gillian… J’ai sauvé la vie de sa fille. Et où qu’il soit maintenant, il le sait… et lui seul peut voir ce que je ressens pour toi. » Il resserra son emprise sur elle avant d’ajouter : « Je ne peux pas leur dire non. Tu n’as aucune idée de ce qu’ils me feraient. Tu n’as aucune idée de ce qu’ils me réservent et de ce qu’ils m’ont déjà fait subir. Je n’ai pas le choix. »

    Gillian entremêla ses doigts avec les siens et se laissa aller contre son torse. Si sa vie avait été un conte de fée, Azrael aurait été son prince. Si sa vie avait été un conte de fée, leur histoire finirait bien. Mais les contes de fée n’existaient pas. Dans son monde, on devait se battre pour ce à quoi on tenait, la vie, nos proches, l’amour… Rien n’était gratuit, rien ne tombait tout rond dans le bec. Elle avait toujours appris à se débrouiller, à se battre pour ce qu’elle voulait. Ce qu’elle voulait en cet instant c’était Azrael, plus que n’importe quoi. Elle le sentait dans chacune des fibres de son corps, dans tout son être. Elle avait besoin de lui, désespérément. Lui seul peut voir ce que je ressens pour toi. Elle se retourna et laissa ses mains se perdre dans le dos du jeune homme. Elle gonfla ses poumons au maximum, s’emplit de son odeur, de son parfum. Ce n’était pas l’odeur d’un assassin. Ce n’était pas la voix d’un assassin. Ce n’était pas les paroles d’un assassin, ni ses sentiments. Elle planta ses yeux dans les siens. Rien n’appartenait à un assassin dans ce qu’elle voyait. Ce n’était qu’Azrael, son Azrael, celui qui avait juré de la protéger, celui qu’elle mourrait de voir disparaître. Rien n’était assassin là-dedans, surtout pas dans son regard. Elle revoyait l’enfant apeuré qu’il avait pu être il y a des années et qui continuait de le hanter. Il était effrayé, terrorisé par ce qui l’attendait, par ce qu’il n’avait pas choisi. Elle ne pouvait pas l’abandonner, le livrer à lui-même. C’était son devoir à elle de le protéger. Elle ne laisserait jamais rien lui arriver, jamais.

    « Az’, mon ange. Je ne laisserai rien t’arriver. Je ne les laisserai pas détruire tout ce qui fait partie de toi, je ne les laisserai pas t’enlever. »

    Elle posa sa main à plat sur la poitrine du jeune homme à l’endroit où se trouvait son cœur. Elle le sentait battre sourdement sous son torse.

    « Je préserverai ça, je te le jure. Quoique tu sois jamais obligé de faire, je saurai gérer pour que tu ne te perdes jamais. »
















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